Le Liban pilonné, écarté de la trêve
9 avril 2026
À Beyrouth, des secouristes fouillaient toujours les décombres à la recherche de victimes des frappes menées simultanément par Israël sur plusieurs régions libanaises, mercredi (08.04). Selon Israël, mais aussi les États-Unis, la trêve conclue entre Washington et Téhéran ne s'applique pas au Liban, où l'armée israélienne veut éliminer le Hezbollah.
Ainsi, en à peine dix minutes, une centaine de bombardements ont notamment visé des quartiers résidentiels de Beyrouth et ont fait plus de 200 morts et un millier de blessés. L'armée israélienne a présenté ce déluge de feu comme sa "plus grande frappe coordonnée" contre le Hezbollah.
Des négociations "dénuées de sens" pour Téhéran
L'Iran estime pourtant que le Liban fait partie de l'accord conclu avec Washington. Le président Massoud Pezeshkian a déclaré, ce jeudi, que les bombardements sur la capitale libanaise témoignent du "non-respect des engagements" par Israël, "rendant les négociations dénuées de sens".
Ces discussions sont censées démarrer ce vendredi entre les Etats-Unis et l'Iran, à Islamabad, au Pakistan, en vue de parvenir à un accord sur le long terme. La Maison Blanche a indiqué que le vice-président JD Vance conduirait la délégation, composée de l'émissaire spécial Steve Witkoff, ainsi que de Jared Kushner, gendre de Donald Trump.
Pour le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, les attaques israéliennes font peser un "grave danger sur le cessez-le-feu et les efforts menés en faveur d'une paix durable”.
En Europe aussi, la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas, demande d'”inclure le Liban” dans la trêve de deux semaines convenue entre Washington et Téhéran.
Le chancelier allemand, Friedrich Merz, estime que le "processus de paix" américano-iranien pourrait échouer en raison de l'offensive israélienne au Liban.
Pour la France, le Liban "ne doit pas être la victime expiatoire d'un gouvernement (israélien) contrarié parce qu'un cessez-le-feu a été trouvé entre les États-Unis et l'Iran", a estimé le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot.
Au-delà du Liban, le cessez-le-feu est respecté ce jeudi
Benjamin Netanyahu, semble toutefois déterminé à poursuivre les opérations militaires. "Nous continuerons à frapper le Hezbollah partout où il le faudra, jusqu'à ce que nous ayons pleinement rétabli la sécurité pour les habitants du nord", a déclaré le Premier ministre israélien, alors que, dans la nuit, au moins quatorze alertes aux roquettes ont retenti dans le nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban.
Ailleurs, dans la région, le cessez-le-feu, entré dans sa deuxième journée ce jeudi, apporte une certaine accalmie, aucun bombardement n'ayant été signalé ces dernières heures en Iran ou dans le Golfe.
À Téhéran, des milliers d'Iraniens se sont rassemblés pour marquer le 40e jour après la mort de l'ancien guide suprême Ali Khamenei, tué le 28 février par une frappe israélo-américaine au premier jour de la guerre.
En Israël, lieux saints et écoles ont pu rouvrir, avec la levée de la plupart des restrictions liées à l'état d'urgence.
Les passages dans le détroit d'Ormuz restent très limités
L'une des conditions américaines à ce cessez-le-feu a été la réouverture du détroit d'Ormuz. Cette voie maritime qui longe les côtes iraniennes est quasiment fermée depuis le début de la guerre.
Mercredi, seuls quelques navires ont pu franchir le détroit par lequel transitent en temps de paix 20 % de la consommation mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé que les navires devaient emprunter deux tracés proches des côtes iraniennes, selon eux pour éviter des mines.