Crise en RDC : le dialogue national inclusif refait surface
19 janvier 2026
Depuis plusieurs mois, de nombreuses initiatives diplomatiques ont été engagées, sans parvenir à mettre fin aux violences dans l’est de la RDC.
C’est dans une dynamique de consultations régionales et internationales que s’est tenue, ce week-end, à Lomé, au Togo, une réunion de haut niveau sur la crise dans l’est de la RDC. Une rencontre qui a réuni des délégués congolais, des représentants des médiateurs des Etats-Unis et du Qatar, ainsi que des facilitateurs de l’Union africaine, autour du président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé. La réunion s’est achevée avec l’adoption d’un document-cadre de médiation et d’un plan de travail des facilitateurs. Nduhungirehe Olivier, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Rwanda a salué l’importance de cette réunion et la portée du plan de travail.
Les participants ont appelé à une meilleure coordination des initiatives de paix autour d’une médiation africaine unifiée.
Aller au-delà du dialogue inclusif
La rencontre de Togo a eu lieu, alors que la proposition d’un dialogue inclusif inter-congolais, portée par les Eglises catholique et protestante, refait surface. Mais, certains acteurs politiques comme le Prix Nobel de la paix, le docteur Denis Mukwege, estiment que dans le contexte actuel, ce dialogue inter-congolais est plutôt insuffisant. Un avis que partage Marius Mubalama un de ses partisans.
"Si nous estimons que nous sommes agressés par le Rwanda, c’est-à-dire que le conflit que nous vivons dans notre pays est un conflit régional, voire international. Comment un conflit régional ou international peut-il être résolu uniquement par un dialogue à l’interne. C’est pourquoi le Docteur Denis Mukwege propose aussi la tenue d’Une conférence internationale sur la paix en RDC."
Longtemps opposé à l’option d’un dialogue national inclusif, le président Félix Tshisekedi, semble aujourd’hui afficher une certaine ouverture. Le Professeur Alphonse Maindo, enseignant à l’université de Kisangani, pense qu’aujourd’hui il n’y plus d’autre choix.
Selon lui, "il y a une forte pression des partenaires de la RDC pour exiger ce dialogue, pour l’imposer d’une certaine manière aux différentes parties en conflit parce qu’on voit qu’il n’y a pas de solution militaire à l’horizon".
"La situation pourrait s’enliser durablement. Donc pour soulager les souffrances de la population, il y a beaucoup de pression pour un dialogue inclusif."
Sur le terrain, la situation reste tendue. Les forces armées congolaises appuyées par les Wazalendo, une milice pro gouvernementale, essaient de déloger les rebelles de l’AFC-M23 qui occupent depuis des mois, certaines localités du Nord- et du Sud-Kivu avec le soutien du Rwanda.
La situation humanitaire demeure préoccupante à la suite de l’augmentation du nombre de déplacés qui fuient les violences.
Des miliciens progouvernementaux, les Wazalendo, sont entrés dimanche (18.01.26) dans la cité stratégique d'Uvira, après le retrait des rebelles du M23 soutenues par le Rwanda. Jeudi (15.01.26), le M23 avait affirmé qu'il entendait retirer ses dernières troupes présentes à Uvira et Calame son intention de placer la ville "sous la responsabilité pleine et entière de la communauté internationale".