En Ituri, la lutte contre Ebola continue
3 juillet 2026
Dans la province de l'Ituri, dans l'est de la République démocratique du Congo, les autorités sanitaires peinent à enrayer l'épidémie d'Ebola dans les régions de Nizi, Iga-Barrière et Lopa, en territoire de Djugu.
Ces trois zones, qui accueillent de nombreux déplacés, n'ont pas les moyens suffisants pour faire face à ce défi sanitaire. La société civile met donc en garde contre une situation de plus en plus préoccupante.
"Nous sommes en danger"
A Nizi, les autorités sanitaires avancent un bilan de 92 décès confirmés et plus de 270 personnes contacts sous surveillance.
L'hôpital, qui n'a qu'une capacité de 30 lits, est débordé et ne peut plus recevoir d'autres malades. La situation est encore plus dramatique à Lopa et Iga-Barrière.
D'après des sources locales, plus de 167 décès présentant des symptômes d'Ebola ont été notifiés en l'espace de 21 jours à Lopa et Iga-Barrière.
Abiazere Nembe est un habitant d'Iga-Barrière. « C'est de la négligence, s'insurge-t-il. Que les autorités ne nous abandonnent pas ainsi. Nous sommes en danger. Chaque jour, les gens meurent. Nous avons plus de dix corps ici à Iga-Barrière. »
Cette zone regroupe au moins 30 sites de déplacés, en raison des affrontements qui opposent, depuis mai 2025, l'armée congolaise à la rébellion de la CRP de Thomas Lubanga, mais aussi des attaques récurrentes des miliciens de la Codéco .
Le coordinateur de la société civile de l'Ituri, Dieudonné Lossa, dresse un constat inquiétant : "L'équipe d'EDS, enterrements dignes et sécurisés, n'est pas en nombre suffisant et elle n'est pas équipée. Il n'y a pas de site de traitement d'Ebola ici et ça met la population en difficulté. Elle n'a pas où aller se soigner. C'est quoi cette riposte qui est incapable de prendre en charge les malades ?"
"Des solutions existent déjà"
À Bunia, les autorités sanitaires reconnaissent que la situation est préoccupante. Mais Jeanne Alasha, conseillère du gouverneur en charge de la santé, affirme qu'une réponse rapide s'organise pour contenir l'épidémie dans ces zones de Nizi, Iga-Barrière et Lopa.
"La situation est préoccupante par rapport à la réponse et aux cas, mais des propositions existent déjà, assure-t-elle. Un partenaire, Alima (Alliance for International Medical Action), est aligné. Nous devons nous déployer le plus tôt possible pour prendre les malades en charge et répondre à ces préoccupations."
La situation sanitaire demeure préoccupante dans toute la RDC, avec plus de 440 décès dus à Ebola et environ 600 hospitalisations. Mais des signes d'espoir subsistent : 208 personnes sont à ce jour considérées comme guéries.