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Macron brise l'unité occidentale contre le Rwanda

14 mai 2026

Alors que Washington durcit les sanctions contre Kigali et l'AFC-M23, Emmanuel Macron privilégie une approche plus prudente. Une divergence qui expose les fractures occidentales face à la crise dans l'est de la RDC.

Assemblée générale de l'ONU à New York | Rencontre entre Macron, Tshisekedi et Kagame
Les sanctions contre le Rwanda peuvent-elles ramener la paix dans l'est de la RDC ? La question révèle les divisions occidentales.Image : Ludovic Marin/AFP/Getty Images

 

Les Etats-Unis, commel’Union européenne, ont pris, depuis l’année dernière, une série de sanctions ciblées qui visent des responsables de l’armée rwandaise, mais aussi les chefs des rebelles du M23.  

Dans ce contexte, le président français, Emmanuel Macron, semble se positionner contre une extension de ces sanctions, prenant ainsi le contre-pied du modèle américain puisque Washington a annoncé de nouvelles mesures à l’encontre du Rwanda. 

Des divergences qui compliquent la recherche rapide d'une solution

La déclaration du président français Emmanuel Macron lors du sommet Africa Forward, intervient alors que les Etats-Unis ont annoncé, le mois dernier, de nouvelles sanctions contre des responsables militaires rwandais qu’ils accusent de violer l’accord de Washington.

Cette différence entre les Etats-Unis et l’Union européenne est soulignée par Philippe Doudou Kaganda, directeur scientifique du Centre d’études sur les conflits et la paix dans la Région des Grands lacs. 

Cette divergence d’approche ne joue pas en faveur d’une solution rapide, étant donné que le Congo deviendra finalement, dans la géostratégie, un espace de compétition entre les puissances", affirme t-il en precisant que "pour aboutir effectivement à une solution durable, la voie négociée, la voie de la médiation internationale, est plus indiquée, d’autant plus qu’il ne s’agit pas seulement de faire taire les armes, mais aussi de ressouder les tissus sociaux, les rapports économiques qui ont été touchés par la guerre.“ 

Les sanctions comme levier pour faire respecter les accords de paix

Les présidents congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame ont entériné, à Washington, en décembre 2025, un accord de paix entre les deux pays. Mais une semaine après, la ville stratégique d’Uvira tombait sous le contrôle des rebelles de l’AFC-M23, soutenus par le Rwanda. Depuis, la ville est repassée sous le contrôle de l’armée congolaise. 

Une proposition de loi déposée le 7 mai 2026 à la chambre des représentants vise à sanctionner les saboteurs des accords de Washington.Image : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP

Pour doter l’administration américaine d’une base légale plus large, afin de sanctionner les violations de l’accord de Washington, le député américain Johnny Olszewski a déposé, à la Chambre des représentants, une proposition de loi dans ce sens.  

Les mécanismes de pression, de suivi, de redevabilité, jouent souvent un rôle essentiel pour maintenir l’engagement des acteurs concernés. Même si les sanctions ne remplacent ni le dialogue politique, ni la volonté de paix, elles peuvent constituer un levier dissuasif important contre les violations de l’accord et ainsi contribuer à créer un environnement plus favorable à une paix durable“, souligne le professeur Roger-Claude Liwanga, enseignant des négociations internationales à l’université Emory, aux Etats-Unis. 

Alors que des dirigeants de l’AFC-M23 subissent déjà les sanction de Washington et de Bruxelles, l’administration américaine a imposé, en mars dernier, de nouvelles restrictions contre l’armée rwandaise, et récemment, le 30 avril dernier, contre l’ancien président congolais, Joseph Kabila

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