1. Aller au contenu
  2. Aller au menu principal
  3. Voir les autres sites DW

A Madagascar, les commerçants accusent le coup

Hilda Hasinjo
24 octobre 2025

Les entreprises font le point sur les pertes subies au cours des manifestations contre l'ancien pouvoir, dont certaines se sont accompagnées de pillages. Témoignages.

Une femme érige un parasol pour protéger les fleurs qu'elle vend dans la rue.
Cette vendeuse de fleurs avait tenté de protéger ses articles des manifestations.Image : Luis Tato/AFP/Getty Images

A Madagascar, les manifestations qui ont conduit à la fuite du président Andry Rajoelina ont débuté il y a quasiment un mois, jour pour jour. Désormais, la transition militaire se met en place et la situation sur place est redevenue calme.

Mais les entreprises font le point sur les pertes subies au cours des manifestations, dont certaines se sont accompagnées de pillages. Près d'un mois après ces violences, les commerces vandalisés peinent à se relever.

Le décor est digne d'un film apocalyptique : un centre commercial abandonné, sans vie, des boutiques incendiées. Tana waterfont, le centre commercial sis dans un quartier d'affaires au centre de la capitale malgache abritait des dizaines de boutiques.

Certains commerçants ont tout perdu

Mais tout a été saccagé le 25 septembre dernier, début des manifestations contre l'ancien pouvoir. Les espoirs de ceux qui y ont investi sont partis en fumée avec les leurs fonds de commerce cette nuit-là.

"Nous avons pris comme priorité le côté humain, la survie et le soutien de l'équipe qui est notre capital le plus précieux. Il y avait la gestion de salaire pour que tout le monde soit payé même sans activité. On essaie d'être solidaire avec l'équipe parce qu'il y a l'impact psychologique qui est immense", explique Rindra Andriamihaja. Il est cogérant de quatre boutiques dans la cour carrée de Tana waterfont. Aucune n'aura été épargnée ce soir-là.

Ecoutez le reportage à Antananarivo...

This browser does not support the audio element.

Comme lui, Samuel Mimouni, patron de la crèmerie Comptoir des hautes terres a aussi tout perdu. Il venait de rentrer de la France avec des fromages médaillés à un concours mondial quand le drame est survenu. Avant le 25 septembre, son entreprise allait bien et ses revenus augmentaient de 30% chaque mois.  Aujourd'hui abattu, il semble ne plus rien espérer de l'Etat.

"Pour la partie entreprise, je n'attends plus grand-chose si ce n'est peut-être un peu de souplesse sur les charges fiscales du moment, déplore-t-il. Mais au-delà de cela, j'espère que le pays retrouve une vraie dynamique économique fondée sur le respect et la dignité humaine. Il faut des conditions de travail acceptables, un accès stable à l'électricité et à l'eau. Et surtout que l'Etat reste à l'écoute des revendications du peuple. Pour que tout ce qui s'est passé ne soit pas vain".

La contestation des jeunes Malgaches peut-elle faire tache d'huile en Afrique?

This browser does not support the audio element.

La relance va être difficile

Pour les deux patrons, le total des pertes se chiffrent à plus de 160 000 euros. Les chefs d'entreprises de la capitale malgache disent avoir subi des pertes totales allant jusqu'à 40 millions d'euros.

Pour l'heure, le président de la transition ne s'est pas encore prononcé sur les pertes subies par ces entreprises. Les opérateurs économiques comptent sur la mobilisation des Malgaches ou les prêts bancaires pour se remettre sur les rails. Mais le pari de la relance n'est pas gagné.

Hilda Hasinjo Correspondante DW