Vers "une transition" à Madagascar ?
15 octobre 2025
A Madagascar, les militaires ont annoncé avoir pris le pouvoir, après la destitution du chef de l'Etat contesté Andry Rajoelina. Selon plusieurs sources, ce dernier aurait quitté le pays.
L'annonce de la prise du pouvoir par les militaires a été accueillie par des scènes de joie. Les militaires semblent s'organiser désormais pour gérer les affaires courantes du pays. Des tractations seraient en cours pour mettre en place un gouvernement de transition.
Un nouvel "homme fort"
Il s'agit du colonel Michaël Randrianirina. Il est originaire d'un village du sud de Madagascar. Il a suivi une formation à l'Académie militaire d'Antsirabe et est le chef de l'unité d'élite Capsat, le corps d'armée des personnels et des services administratifs et techniques.
C'est cette unité d'élite de l'armée qui a rejoint les manifestations de la Gen Z, sur la place du 13 mai et qui, par la suite, a annoncé avoir pris le contrôle du commandement militaire, les forces terrestres, aériennes et navales, du pays.
Ce contingent avait par le passé joué un rôle majeur dans le coup d'État de 2009 qui s'était soldé par le départ du pouvoir du président de l'époque, Marc Ravalomanana.
Selon certaines sources, le colonel Michaël Randrianirina avait été arrêté, en 2023, pour " incitation à la mutinerie militaire et tentative de coup d'État ", traduit en justice et incarcéré, avant d'être remis en liberté.
Lors des récentes manifestations de la Gen Z, il a appelé les soldats "à refuser de réprimer la population".
La promesse d'une transition rapide
Selon lui, l'armée n'a fait que prendre ses responsabilités, en prenant le pouvoir. Celui-ci a assuré à la presse qu'il y aurait des élections "au plus tôt dans 18 mois, au plus tard dans 28 mois".
La transition devrait inclure la restructuration des principales institutions du pays. Le colonel Michaël Randrianirina a donné aussi quelques précisions sur ce qui va se passer dans les jours à venir.
"On va mettre en place un Conseil. Celui-ci sera composé des officiers de l'armée, de la gendarmerie, peut-être qu'il y aura des hauts conseillers civils là-dedans..." a-t-il assuré.
C'est ce Conseil qui devrait assurer "le travail de la présidence", en attendant la mise en place d'un gouvernement civil. C'est du moins ce qu'affirment les militaires.
L'autorité du nouveau pouvoir a été légitimée par la Cour constitutionnelle, après la validation du vote de destitution contre le président Andry Rajoelina.
Le mouvement Gen Z reste mobilisé
Selon Herizo Andriamanantena, l'un des porte-paroles de la Gen Z, le mouvement ne va pas s'arrêter à la suite de la destitution d’Andry Rajoelina. Il explique que c'est tout le système de gouvernance, miné par la corruption, qui doit changer à Madagascar.
Herizo Andriamanantena rappelle que "les militaires ont participé à la manifestation et ont protégé la population" et pour lui ce qui s'est passé à Madagascar "n'est pas vraiment un coup d'Etat".
Les conditions à mettre en place avant une participation de la Gen Z à un éventuel gouvernement "sont encore en cours de discussion" assure le militant qui estime toutefois que "normalement, les représentants de la Gen Z devraient être majoritaires dans ce gouvernement, afin de garantir la réussite du mouvement, dont l'objectif clair est de changer le système à Madagascar et d'apporter son soutien au peuple malgache, pour garantir les droits fondamentaux de la population".
Pour le moment, on observe avec prudence, à l’étranger, l'évolution de la situation à Madagascar.