À Madagascar, les jeunes espèrent des lendemains meilleurs
3 août 2026
Pour la première fois, les jeunes ont rencontré officiellement ce samedi 1er août le président de la refondation Michael Randrianirina pour lui remettre les résolutions des trois jours de consultation nationale des jeunes.
Sur le volet politique, les revendications restent les mêmes : entre autres, la dissolution de l'Assemblée nationale et son remplacement par une assemblée constituante, la dissolution de la commission électorale nationale indépendante et la réforme des lois et cadres électoraux.
Herizo Andriamanantena, figure connue de la lutte de la GenZ, déplore toutefois une mauvaise représentation des manifestants des régions :
"Certains des membres de la GenZ issus des régions n'ont pas été invités. Mais on va regrouper l'équipe afin de pouvoir être représentatif durant les dialogues politiques vu que le mouvement était l'un des acteurs politiques du changement à Madagascar."
Donner une chance
Malgré tout, les participants mettent de l'espoir dans le processus et accordent aux dirigeants la chance de changer véritablement la donne : "Nous attendons beaucoup de changements et un retour par rapport à nos résolutions", explique Faranala, une jeune de la région du Melaky. "Nous espérons également être représentés lors des concertations nationales".
Même son de cloche, dans la région Anosy, dans le sud du pays : "Nous attendons que la majorité de nos revendications soient pris en considération", dit une jeune fille qui répond au prénom de Toujours. "Les jeunes espèrent aussi que l'Etat reconnaissent les erreurs que les jeunes ont soulevés et qui ont mené Madagascar à la dérive en 66 ans."
La vigilance reste de mise
Toutefois, la confiance n'est pas aveugle. Les jeunes se disent prêts à suivre l'évolution de la situation et à garder un œil sur leurs propositions, comme l'indique Jaozara Gervais Fabrito, un représentant de la région du Diana.
"Il faut rester vigilant, parce que le volet qui a eu le plus de tension, c'était le volet politique et gouvernance. Ce qui est logique et ce qui rend les jeunes très méfiants. En tout cas, on est prêts à suivre ce qui a été rapporté et à faire valoir nos voix, nos idées et nos résolutions."
Lors de son allocution, le président de la refondation de la République de Madagascar s'est montré rassurant. Les propositions économiques et sociales font déjà partie intégrante de la politique générale de l'État. Les revendications politiques, elles, seront décidées par la concertation nationale et les élections qui suivront fin 2027.