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Les jeunes se révoltent faute de services de base

7 octobre 2025

De Madagascar au Maroc, la jeunesse se révolte pour réclamer un accès aux services de base. Des revendications que des dirigeants africains peinent à leur fournir.

Madagaskar Antananarivo 2025 | Demonstrant hält Plakat bei Protesten hoch
Image : RIJASOLO/AFP/Getty Images

Davantage d’investissements dans les hôpitaux, l’éducation, l’accès à l’eau potable, à l’électricité, à internet... dans plusieurs pays d’Afrique, la jeunesse réclame aux autorités une amélioration de leurs conditions de vie.

La corruption, un obstacle aux services de base

La corruption et les inégalités sociales empêchent cette frange de la population d'accéder aux services essentiels dont ils dépendent pour leur avenir et leur bien-être, comme l'explique Amadou Bano Barry, sociologue guinéen. 

Image : Abdel Majid Bziouat/AFP/Getty Images

"La plupart des marchés de l'État sont des marchés à fort taux de corruption. Et le problème c'est que, en fait, la classe politique est dans un débat stérile, dans des projets individuels et non pas dans des projets collectifs, parce qu’il peut ne pas y avoir de l'eau courante au robinet et c'est courant. Mais on se rend compte qu'en baissant le nombre de 4×4 et qu’en octroyant plus à un ministre quatre ou cinq véhicules ou en rationnant son train de vie, naturellement il devient possible de financer des infrastructures comme l'eau et l'électricité."

La colère de la jeunesse est justifiée, selon Amadou Bano Barry. Si à Madagascar, au Maroc, au Nigeria, au Kenya et en Ouganda en 2024, la jeune génération est déterminée à se fait entendre, c’est aussi parce que les dirigeants n’ont pas pu développer les richesses locales. Ils se sont rendus dépendants de l’aide au développement, ajoute le sociologue guinéen.

Image : Zo Andrianjafy/REUTERS

Pour Aly Tandian, sociologue sénégalais, la mauvaise gouvernance entre aussi en ligne de compte. "En termes de hiérarchisation, on pense que les ressources doivent être orientées vers d'autres secteurs que dans l'éducation", affirme le sociologue. 

Il estime que"nos Etats, doivent repenser ce que c'est que la hiérarchie pour les populations locales, mais également de se rappeler qu’il y a des choses auxquelles il faut s'atteler, à savoir l'éducation, la nourriture et la santé."

Des manifestaions réprimées

Pour Aly Tandian, les Etats doivent définir les priorités et donner à cette jeunesse dans la rue ce qui devrait déjà leur être fourni. Ils doivent également réinstaurer la confiance et coopérer avec elle au lieu de réprimer les manifestations. Selon l'ONU au moins 22 personnes sont mortes et une centaine de blessés dans les manifestaitions à Madagascar, un bilan démenti par les autorités malgaches.

Au Maroc, si GenZ 212 insiste sur le caractère pacifique de ses rassemblements, des violences avaient éclaté dans plusieurs localités. Près d'Agadir, trois personnes dont un étudiant en cinéma ont été tuées par des gendarmes présentés par les autorités comme "en état de légitime défense", lors d'une tentative d'assaut de la brigade locale.