Au Mali, la rareté des pluies perturbe les récoltes
14 septembre 2026
Outre l'insécurité et les retards dans la distribution des engrais subventionnés par l'Etat, les conditions météorologiques dues au changement climatique pourraient troubler le bon fonctionnement de la campagne agricole en cours au Mali.
Selon les spécialistes, ce sont toutefois des quantités de pluie supérieures à la moyenne mais mal réparties sur l'ensemble du territoire, qui sont en cause. Une situation qui affecte les agriculteurs.
Des agriculteurs résignés
Mahamadou cultive trois hectares de maïs à Dara dans la commune de Mountougoula située à une trentaine de kilomètres de Bamako par la route.
Cette céréale est prisée aussi bien dans l'alimentation, dans l'économie rurale que dans la sécurité alimentaire des ménages maliens.
Dans la zone où habite Mahamadou, au moins 90% des agriculteurs de maïs ont été affectés par la rareté des pluies. Les deux dernières grosses pluies enregistrées à Mountougoula remontent au mois d'août dernier.
"Lorsque le maïs atteint l'étape de l'apparition des soies, c'est-à-dire sa floraison femelle, il a besoin d'une grande quantité d'eau pour sa croissance. Malheureusement, c'est à ce moment-là que la pluie s'est faite rare. On ne peut donc plus rien espérer de la culture du maïs en cette fin de la saison pluvieuse", explique l'agriculteur.
"Nous n'avons jamais vécu ce genre de phénomène dans notre village. Nous avons par exemple, un cours d'eau ici, avant. Pendant l'hivernage, personne ne pouvait le traverser à pied. Aujourd'hui, on le traverse avec une grande facilité."
Comme à son habitude, Fousseyni a aussi cultivé du maïs cette année sur trois hectares dans sa localité de Baguineda, à environ une heure de route de la capitale malienne.
Celui-ci a aussi planté du riz sur deux hectares dans cette importante zone rizicole du pays. Il déclare avoir délaissé son champ de maïs qui ne sera pas productif en raison du manque de pluie.
"Durant tout le mois d'août, qu'on appelle ici, « mois de la pluie en abondance », il n'a plu qu'une seule fois. Nous avons presque tout perdu", assure-t-il.
Mais l'avantage de la culture du riz, selon Fousseyni, "c'était l'apport des intrants agricoles comme les engrais, que nous n'avons pas obtenus cette année de la part de l'Etat qui les subventionne. Sinon, même avec cette rareté des pluies, on pouvait compter sur l'eau du canal issu du système d'irrigation de l'office du périmètre irrigué de Baguineda. Le manque d'engrais ne nous facilite pas la tâche. Là où on doit utiliser dix sacs d'engrais, si on ne met que deux ou trois, il n'y aura pas un meilleur rendement. "
Pour Fousseyni, en l'absence de la subvention de l'Etat, il est difficile pour un paysan ordinaire de s'offrir 10 sacs de riz au prix unitaire de plus de 25.000 francs CFA.
Des pluies annoncées
Après une visite de terrain début septembre dans la région de Diola, dans le sud, zone cotonnière par excellence, le ministre de l'Agriculture Ibrahima Samaké reconnaît pour sa part des retards dans la distribution des intrants et notamment des engrais, ou encore des difficultés liées à la répartition des pluies, mais rassure sur l'état des parcelles, qu'il juge satisfaisant.
D'après Mali Météo, les prochains jours seront marqués par des pluies soudaines et isolées, abondantes et de courte durée ainsi qu'un ciel nuageux qui se poursuivront dans le sud, notamment à Bamako et le centre du pays.