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Au Mali, les responsables du transport se disent inquiets

Mahamadou Kane
9 septembre 2025

Des camions-citernes et des bus ont été incendiés par les djihadistes dans le sud-ouest du pays. Ces acteurs de l'économie malienne sont dans l'incertitude.

Un bus brûlé dans une attaque
Les djihadistes bloquent les routes et n'hésitent pas à employer les grands moyensImage : ORTM/REUTERS

Parmi les autres mesures édictées par le Jnim, le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, affilié à Al Qaida, il y a l'interdiction, pour une célèbre compagnie de transports locale, de poursuivre ses activités sur l'ensemble du territoire malien et au-delà.  

Cette dernière a assisté, impuissante, ces derniers jours, à l'incendie de plusieurs de ses véhicules. 

Pour cet opérateur économique ayant requis l'anonymat, il y a un grand amalgame autour de la situation des transporteurs. 

"Nous n’avons absolument rien à voir avec ce qui se passe sur les trajets et corridors. Ce sont les autorités qui s’occupent de ces questions et notamment, nos forces de défense et de sécurité. Car, dans un contexte marqué par la lutte contre le terrorisme, les transporteurs eux-mêmes sont ciblés. Nous ignorons totalement ce qu’il se passe", estime-t-il. 

Des entreprises négocient avec les djihadistes

C’est à l’Etat de prendre ses responsabilités : c’est ce que tente d’expliquer ce ressortissant du centre du pays, qui emprunte régulièrement les routes reliant les différentes villes maliennes. 

"C’est au gouvernementde redoubler d’ardeur pour libérer les routes. Nous n’avons aucun pouvoir de décision sur ce qui se passe actuellement. Notre seule mission est l’import-export pour faciliter la vie des citoyens. Il est trop tôt pour parler de négociation, cette décision ne nous appartient pas", estime cette personne, qui s'exprime elle aussi sous couvert de l'anonymat.

De sources concordantes, certaines entreprises, évoluant dans le secteur des hydrocarbures, auraient toutefois déjà tenté d’entrer en contact avec les djihadistes qui bloquent les routes, en vue d’une négociation. 

La Dirpa, la Direction des relations publiques des armées, a, pour sa part, démenti, ce lundi, l’existence d’un blocus djihadiste sur les régions de Kayes et de Nioro du Sahel.