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Circuler entre les pays de l'AES relève parfois du défi

5 mars 2026

Hausse spectaculaire des coûts de transport, trajets plus longs et plus éprouvants, insécurité persistante sur les routes : les difficultés sont nombreuses sur les routes.

Poste-frontière entre le Bénin et le Niger à Malanville
L'insécurité est persistante sur plusieurs routes du SahelImage : AFP/Getty Images

Alors que l’Alliance des États du Sahel affiche son ambition de renforcer l’intégration entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso, sur le terrain, la réalité est tout autre pour les ressortissants de ces trois pays. 

Située au nord-est de Niamey, la ville de Ménaka se trouve à environ 400 kilomètres par la route, soit plus de huit heures de trajet, en traversant la frontière entre le Mali et le Niger. 

Une distance qui peut paraître courte à vue d’œil, mais dont la traversée est devenue particulièrement complexe. 

Un parcours du combattant

Depuis plusieurs années, se rendre à Niamey est un véritable parcours du combattant pour de nombreux habitants de Ménaka au Mali. Il faut s’armer de courage pour emprunter un itinéraire autrefois plus accessible, témoigne Harouna, un habitant qui se rendait régulièrement au Niger pour rendre visite à ses proches. 

"Avant, le trajet Ménaka-Ansongo coûtait 3 000 francs, et Ansongo-Niamey 9 000 francs, soit 12 000 francs au total. Aujourd’hui, le prix est monté jusqu’à 20 000 francs par personne. Et pour voyager en cabine, il faut compter 30 000 francs", estime Harouna.

Pour Harouna, le courage ne suffit pas. Il faut aussi faire preuve d’une grande patience et surtout prier pour éviter les embuscades. 

"Avant, le trajet ne prenait que deux jours. Aujourd’hui, il faut parfois compter jusqu’à deux semaines sur la route, surtout au retour. Ce n’est pas facile. Une fois arrivé à Ansongo, il faut souvent attendre longtemps un véhicule, car ils se font rares. En plus, quand tu voyages, tu es stressé, tu crains les bandits. Ce climat d’insécurité décourage beaucoup de gens. Désormais, on ne voyage presque plus par choix, mais par obligation."

Les voyages sont devenues des épreuves pour les populationsImage : KOLA SULAIMON/AFP

"C’est une zone marquée par l’insécurité"

Mais les difficultés ne concernent pas uniquement l’axe Mali-Niger. Les voyageurs venant du Bénin, à cause de la fermeture de la frontière, choisissant de transiter par le Nigeria pour rejoindre Dosso, s’exposent également à des risques considérables.  

Traverser certaines zones du Nigeria, où l’insécurité routière demeure préoccupante, transforme le voyage en une véritable épreuve. C’est l’expérience vécue par Sadiya Idrissa. 

"Nous sommes partis de Zougou pour Parakou, puis nous avons rejoint Birnin Kebbi, au Nigeria. De là, nous sommes passés par Kamba. Nous avons rencontré beaucoup de difficultés. C’est une route que nous n’avons pas l’habitude d’emprunter et c’est une zone marquée par l’insécurité. Nous avons traversé des pistes en brousse. À notre arrivée à Kamba, nous avions beaucoup de bagages, mais nous avons été obligés de prendre des motos pour poursuivre le voyage. Nous avons même été escroqués. La prochaine fois, je ne prendrai plus cette route. Je ne veux plus courir ce risque." 

Derrière les grandes annonces politiques, il y a des hommes et des femmes qui voyagent, la peur au ventre. Et tant que circuler entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso restera un risque, l’intégration régionale ne sera, pour eux, qu’une promesse lointaine. 

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