Mali: les vendeurs de bétails attendent leur relocalisation
19 mars 2026
Le gouvernement malien avait promis des sites à côté de Bamako pour les accueillir, mais ceux-ci ne répondent pas aux normes, selon les marchands de bétail, qui les jugent trop exigus pour héberger les animaux.
Entre-temps, le prix de la viande a connu une hausse spectaculaire, atteignant jusqu’à 4 500 francs CFA le kilogramme, dans certains endroits de la capitale. Une situation qui coïncide avec la fête de la fin du ramadan, célébrée ce jeudi au Mali.
Quelques vendeurs de bétails, à l’image de Kanté, continuent de venir tous les matins sur leur ancien lieu de travail. Ce matin-là, ils sont quatre à avoir trouvé une place à l’ombre d’un petit hangar.
Pour ce marchand, l’opération de déguerpissement, survenue deux fois en 18 mois au grabal du quartier Sans Fil, constitue un échec.
"Lorsqu’on nous a délogé, les autorités nous ont demandé d’aller à Kati Dral, en vue de notre réinstallation. Une fois sur place, nous avons constaté que le site n'était pas prêt pour nous accueillir. Déguerpir les marchands du centre-ville pour ensuite les conduire loin de la capitale, c’est comme si on nous livrait aux groupes djihadistes. Je crois qu’on pouvait installer des postes de sécurité dans les "Garbal", pour sécuriser les lieux. Mais en nous délogeant, il est évident que le prix de la viande s’envole à Bamako".
Des sites non opérationnels
Kati Dral, Sanankoroba et Zantiguila : ce sont les trois sites qui, selon le gouvernorat du district de Bamako, devaient recevoir les vendeurs déplacés des principaux marchés à bétail de Bamako.
Mais les sites ne seraient toujours pas opérationnels. Ce qui rend les ovins, les caprins ainsi que les bovins presque invisibles dans certaines parties de Bamako. Une situation qui se répercute sur le prix de la viande.
Comme en témoigne Mariam Koné, présidente du Front populaire contre la vie chère, une organisation de la société civile malienne :
"C’est à l’approche de la fête du ramadan que les prix ont commencé à augmenter. Au lieu de 3 600 francs CFA, les consommateurs sont confrontés à des prix très élevés, jusqu’à 4 000 francs le kilo, c’est à la fois trop et regrettable. C’est la première fois que nous voyons cela. Ce que nous déplorons, c’est que c’est à chaque mois de ramadan qu’on augmente les prix".
Les autorités maliennes avaient fermé les principaux "Garbal" de Bamako, au motif que certains djihadistes s’y étaient dissimulés, avant l’attaque du 17 septembre 2024.
Ce jour-là, les éléments du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) , affilié à Al-Qaida, s'en était pris à l’école de gendarmerie, à l’aéroport de Bamako et à d’autres sites militaires stratégiques de la capitale malienne.