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Mali : les imams critiquent les djihadistes du JNIM

Mahamadou Kane
18 novembre 2025

A la demande du Haut conseil islamique, les imams prononcent des "invocations spéciales" pour le retour de la paix et de la stabilité dans le pays.

La Grande Mosquée de Bamako
Le JNIM veut appliquer la charia dans tout le pays, ce à quoi s'opposent les autorités.Image : Bob Burch/Avalon.red/IMAGO

Depuis le 17 octobre dernier, ces invocations spéciales, appelées "Qunut" en arabe, tirant leur source de la tradition islamique, sont prononcées par les imams à la fin de chaque prière obligatoire. Elles sont accompagnées par les "amin" des fidèles.   

Une imploration divine pour à la fois demander pardon et protection auprès d’Allah, dans les moments de crise. 

Al Hassan Bah, expert dans le domaine des études islamiques et imam à la mosquée de Sangarebougou, à Bamako, explique le sens du Qunut :   

"On dit dans le texte du Qunut : Ô Allah, nous te demandons assistance, c’est toi seul que nous adorons. Nous sommes attaqués par-devant, nous sommes attaqués par-derrière. C’est toi seul qui peut nous aider, qui peut nous fortifier. C’est pour dire que chaque résistance, chaque résilience a besoin d’une foi et d’une spiritualité. C’est cela, le vrai message du Qunut", assure Al Hassan Bah.

Les actions du JNIM, une menace pour la liberté de croyance

C’est au nom de l’islam et du djihad que le Jnim, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans,justifie ses actions dans le pays, avec des attaques coordonnées ciblant les populations civiles, les forces armées maliennes et dernièrement, les bus et les camions-citernes

Pour Mohamed Kimbiri, président du Collectif des associations musulmanes du Mali, ces actes n’ont "rien à voir avec l’islam"

"C’est une utilisation péjorative du précepte de l’islam qu’on veut coller à des gens qui font des choses contraires à la religion. Il y a certaines choses que le prophète de l’islam Mohamed, paix et salut sur Lui, a interdit de toucher", explique-t-il. 

Au Mali, près de 95% de la population est de confession musulmane.Image : Nicolas Remene/AFP

"Il s’agit des personnes âgées, des femmes, des enfants, des marigots, des arbres fruitiers, des champs en maturité, des rizeries en maturité, des greniers. Personnellement, je suis un peu sidéré par le comportement de ces hommes armés qui se réclament djihadistes".

Les autorités de la transition estiment, pour leur part, que ces hommes armés, qu’elles qualifient de terroristes, constituent une menace pour l’unicité et la liberté de croyance au Mali. 

Les combattants djihadistes souhaiteraient en effet l’imposition de la charia, la loi islamique, dans tout le pays et ont récemment réclamé que les femmes qui voyagent en bus portent le voile islamique.