Mali : les habitants de Mourdiah veulent plus de sécurité
30 mars 2026
Au Mali, la jeunesse de Mourdiah. dans le sud ouest du Mali, se mobilise pour faire reculer l'insécurité. Dans cette localité frontalière avec la Mauritanie, les groupes armés ont coupé la principale voie de ravitaillement des populations en denrées essentielles. Ce qui crée une situation humanitaire préoccupante dans la localité.
A Mourdiah, les djihadistes du groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, le JNIM, affiliés à Al Qaeda, ont rendu presque impossible l'accès à la RN4 pour les habitants. Or cette localité sert de carrefour entre la ville de Nara, dans le nord, et le reste du pays. Les activités commerciales, champêtres ou celles liées à l'élevage sont ainsi à l'arrêt.
Une situation qui pousse à la mobilisation
La localité n'a jamais semblé aussi isolée selon un jeune leader de Mourdiah qui s'exprime sous anonymat et qui revient sur la mobilisation populaire."Nous nous sommes entretenus avec les autorités coutumières, administratives et religieuses, ainsi que les organisations de la société civile de Mourdiah" assure-t-il tout en expliquant qu'ils ont "déploré les privations" auxquelles ils sont "soumis depuis plusieurs mois sur la route nationale 4". Cette situation plonge la population "dans une précarité sans précédent".
Le jeune homme précise aussi qu'il a également été question du"déplacement des populations d'au moins 16 villages" de la commune. "Plusieurs marchés hebdomadaires, comme celui de Madina Kagoro ou de Dalibougou, ne se tiennent plus. Ce qui prive les populations de lieux d'approvisionnement en denrées alimentaires ou en bétail. Nous manquons également d'essence et de gasoil ici à Mourdiah depuis plusieurs semaines. Notre mobilisation vise donc à trouver des solutions à nos problèmes, même si cela doit passer par des négociations avec les groupes armés" conclut-il.
Des difficultés d'approvisionnement
L'inaccessibilité de la RN4, bloquée par les djihadistes du JNIM, paralyse toute la région.Selon un habitant de Nara "les prix de toutes les denrées ont connu une envolée spectaculaire". Il assure qu'avant, il payait par exemple, "le sac de riz de 50 kilo à 17000 ou 17500 Fcfa, aujourd'hui, il nous est cédé à 22.000 voire 25.000 à certains endroits. Avant le début du blocus à Mourdiah, on envoyait chaque lundi, 8 à 10 camions remplis de bétail à Bamako, aujourd'hui, nous peinons à envoyer un camion vers la même destination."
Les conducteurs qui continuent d'emprunter la voie sont contraints à des détours par des pistes quasi impraticables sur plus de 170 km.