1. Aller au contenu
  2. Aller au menu principal
  3. Voir les autres sites DW

Une ville de l'ouest du Mali vidée de ses habitants

Mahamadou Kane
17 novembre 2025

​Les habitants du cercle de Loulouni dans le sud du pays ont fui les combats qui ont opposé ces derniers jours les chasseurs traditionnels dozos aux combattants djihadistes du JNIM.

Image extraite du documentaire « Terreur au Sahel - Lutte contre les djihadistes »
Image extraite du documentaire « Terreur au Sahel - Lutte contre les djihadistes » Image : Inside the Resistance

Les habitants de cette ville située non loin de la frontière avec la Cote d'Ivoire avaient reçu, depuis plusieurs semaines, des alertes autour d’une attaque imminente des combattants du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) dirigé par  prédicateur islamiste Iyad Ag Ghaly, afin de les déloger. 

Depuis quatre mois, les populations de Loulouni et ses environs, vivaient au rythme des menaces et des attaques djihadistes. Certains villages comme Nimbougou ou Koura ont ainsi été ciblés, pour, aux dires des habitants de la zone, sonner l’alerte.

Attaques aux drones

Déjà, le mardi 11 novembre, une attaque djihadiste aux drones kamikazes avait fait, au moins, sept morts, dans les rangs des chasseurs dozos, et provoqué le déplacement de centaines de personnes vers les villages les plus proches et les centres urbains comme Sikasso ou Kadiolo.  

Les explications de Mamadou Kane à Bamako

This browser does not support the audio element.

Mais cet habitant de Loulouni, qui a assisté le vendredi 14 novembre  à une deuxième attaque des djihadistes duJNIM, en moins de trois jours, décrit une scène de guerre. Il dit n’avoir jamais vu rien de pareil.

"Ils sont arrivés vers quatre heures du soir qui correspond à seize heures et ont commencé à quadriller la ville. Puis, ce fut un déluge de feu. C’était des tirs nourris à l’arme automatique, ciblant les populations. Il y a eu beaucoup de morts, je ne saurai dire le nombre exact. Chacun a pu se sauver comme il peut, abandonnant tout derrière eux. Ils ont aussi brûlé les boutiques et quelques maisons. La plupart d’entre-nous ont fui pour rejoindre les villages les plus proches", témoigne-t-il.

D'énormes pertes

Ce chasseur traditionnel dozo, à la tête d’un groupe d’autodéfense, qui, pour des raisons de sécurité, privilégie l’anonymat, a pu mettre sa famille à l’abri et s’échapper lors du passage des djihadistes à Loulouni ce week-end.

Il explique avoir perdu des hommes, mais aussi, sa maison qui a été entièrement brûlée par les combattants du Jnim.

​Des djihadistes maliens (capture d'écran)Image : Inside the Resistance

"Cela fait presque deux mois que nous sécurisons notre localité contre des attaques djihadistes. Mais finalement, nous avons plié l’échine. Il nous était difficile avec un effectif de 30 combattants de contenir les assauts de plus de 300 hommes lourdement armés paradant sur des motos. Il y a eu au moins 6 victimes civiles lors de l’attaque de ce samedi. Personnellement, j’ai perdu deux de mes hommes dans les combats. Nous vivons des moments difficiles. On nous avait dit que l’armée allait intervenir. Mais jusque-là, nous attendons."

L’absence des  Forces armées maliennes (FAMa) et du préfet de cercle ont ainsi favorisé les incursions des combattants du JNIM, affilié à Al Qaïda, dans cette localité du sud du Mali, située à une cinquantaine de kilomètres de la région de Sikasso par la route, à la frontière ivoirienne.    

Passer la section A la une

A la une

Passer la section Plus d'article de DW