Reprise de Kidal : un tournant dans le nord du Mali
7 octobre 2026
L'armée malienne a annoncé, mardi (06.10), avoir repris la ville de Kidal, quelque cinq mois après en avoir été chassée par les rebelles du Front de libération de l'Azawad. La ville, située dans le nord du Mali, est au centre d'une bataille pour son contrôle. Des alertes ont circulé ces derniers jours, faisant état de l'envoi de troupes maliennes à Anéfis, située à une centaine de kilomètres de Kidal. L'armée malienne a tout fait pour garder le contrôle de cette ville après la perte de Kidal, fin avril.
"La particularité de la région de Kidal, c'est que nous sommes dans un processus de réadaptation de nos forces, avec un repositionnement sur la localité d’Anéfis, en gardant pratiquement toutes nos positions. Donc nous restons dans la région de Kidal", expliquait, en avril dernier, Oumar Diarra, le chef de l'armée malienne.
D’Anéfis à Kidal, le retour de l’armée malienne
C'est donc d'Anéfis qu'est partie la colonne militaire composée de troupes maliennes appuyées par les mercenaires russes d'Africa Corps. La reprise de Kidal se serait déroulée sans combats. De quoi redonner l'avantage au pouvoir militaire, estime Beverly Ochieng, analyste sécuritaire et spécialiste du Sahel.
"La reprise de Kidal place le gouvernement militaire dans une position favorable, puisqu'il réaffirme ainsi son contrôle territorial, même si ce n'est que de manière symbolique."
Bamako et Alger : le dégel change-t-il la donne ?
Le retour de la ville de Kidal dans le giron du pouvoir militaire intervient dans un contexte de réchauffement des relations entre le Mali et l'Algérie. Ces relations se sont tendues après la rupture de l'accord entre le pouvoir malien et les rebelles touaregs, conclu sous la médiation algérienne.
Bamako a même accusé son voisin du Nord de soutenir ses opposants. Mais un dégel se fait observer, Alger annonçant même être favorable à une coopération militaire avec le Mali et le Niger.
L'experte du Sahel, Beverly Ochieng, n'exclut pas une reprise de la médiation entre Bamako et les rebelles qui affirment avoir opéré un "repli stratégique et maîtrisé" de Kidal.
"Le retrait des rebelles du FLA n'est pas nécessairement un signe de défaite, mais peut être considéré comme un repli tactique. Une médiation reste probable, compte tenu du rôle nouveau de l'Algérie et du récent rapprochement. De plus, avec Kidal sous son contrôle, l'armée malienne se trouve en position de force pour mener des négociations avec les rebelles du FLA", ajoute l'experte.
Mais Beverly Ochieng se veut prudente. Les rebelles pourraient créer la surprise en relançant les hostilités, avec le soutien du groupe djihadiste Jnim, proche d'Al Qaida et dirigé par le Malien Iyad Ag Ghaly.