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Mali: Le calvaire des habitants de Léré sous blocus du Jnim

Mahamadou Kane
22 janvier 2026

Des djihadistes bloquent la ville de Léré dans la région de Tombouctou. Les habitants s'en remettent à l'armée. Ils appellent à l'aide et à un cadre de dialogue avec les chefs coutumiers.

Une femme nettoie son linge dans une cour, à Tombouctou (illustration)
La population rencontre de plus en plus de difficultés au quotidien, à cause du blocus imposé par le JnimImage : MOULAYE SAYAH/AP/picture alliance

Au Mali, la ville de Léré, dans le nord du pays, est de nouveau soumise à un blocus des groupes djihadistes. Cette localité, située dans la région de Tombouctou, est régulièrement soumise à ce type d'encerclement, visant à couper le ravitaillement de la ville en denrées de première nécessité ou en carburant. Cette situation est épuisante pour les habitants qui s'en remettent aux autorités et à l'armée pour mettre fin à leur souffrance.

Léré coupée du monde

Les accès à la ville de Léré sont coupés par les éléments armés du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda.

Ceux-ci ont décrété, le 27 octobre dernier, un blocus sur cette localité reliant le centre et le nord du Mali, impactant ainsi la libre circulation des personnes, ainsi que de leurs biens, mais aussi la sécurité alimentaire.  

Comme l'explique cet habitant qui a choisi de rester anonyme :

"Cette crise alimentaire se traduit par l'indisponibilité du riz dans le marché. Par contre, nous avons du mil. Les condiments et notamment les légumes viennent également à manquer. Ce qui provoque une flambée des prix. Le gouvernement, à travers l'armée, a, quant à lui, offert près de 40 tonnes de riz et de mil aux populations, mais cela reste insuffisant. Nos forces de défense et de sécurité mènent d'ailleurs régulièrement des opérations dans la ville de Léré pour nous sécuriser."

La région de Tombouctou subit toujours les assauts des djihadistesImage : Wolfgang Kaehler/Avalon/IMAGO

L'idée d'un dialogue pour sortir de la crise

Les FAMa sont en effet à l'intérieur de la ville pour assurer le minimum vital aux populations, à savoir l'accès à l'eau potable, ou encore à l'alimentation. Hormis les véhicules militaires, les engins à deux, voire à quatre roues, sont interdits de circulation au-delà de la commune rurale de Léré.

Mohamed Mamata Touré, de l'association Anko Mali, un acteur de l'ex-société civile malienne, qui s'est illustré dans la médiation communautaire, propose comme solutions aux blocus répétitifs qui font souffrir les habitants de Léré :

"L'implication des légitimités traditionnelles, coutumières, religieuses et des communicateurs traditionnels, ainsi que les griots de la localité de Léré et des villages environnants. Ceux-ci doivent essayer de se mettre ensemble, en créant un cadre de dialogue. Il faut essayer d'aller vers ces gens qui créent la panique et la terreur dans les différentes localités, en vue de les stabiliser."

Une carte du dialogue qui ne semble pas être, pour l'instant, la première option des autorités de la transition malienne, dans le cadre de leur lutte anti-terroriste. 

Il n'y a pas eu de communiqué officiel, jusqu'à présent, sur la situation à Léré.

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