Mali : ouverture du procès de Moussa Mara
29 septembre 2025
Au Mali, ce sont plusieurs dizaines d’agents de la garde nationale, de la gendarmerie, ou encore de la police nationale qui ont verrouillé, très tôt ce matin, le pôle national spécialisé de lutte anti-cybercriminalité.
Le procès de Moussa Mara se tient donc sous très haute surveillance. Le public est tenu à bonne distance et la presse est empêchée d’accéder à la salle d’audience.
Moussa Sow, un ancien militant du parti Yelema, était venu pour ne rien rater du procès :
"Lorsque je suis arrivé, j’ai demandé si je pouvais accéder à la salle d’audience. On m’a fait savoir qu’elle n’est pas publique. Malgré tout, je suis resté assis en guise de bonne foi envers mon ami et mon camarade, Moussa Mara", a-t-il déclaré.
Dès l’ouverture du procès, les avocats de l’ancien chef du gouvernement ont demandé la liberté provisoire pour leur client. Une demande aussitôt rejetée par le tribunal.
D’après nos sources, les débats, parfois tendus, se sont ensuite tenus durant plusieurs heures entre la défense de Moussa Mara et le ministère public, avant la suspension de l’audience en début d'après-midi.
Une relaxe envisageable
Pour Abdina Karembé, ex-leader des jeunes de l’ancien parti Asma CFP, Moussa Mara serait "plus utile dehors".
"Nous estimons que sa place n’est pas dans le milieu carcéral. Aujourd’hui, il a beaucoup à apporter par rapport à la construction de l’édifice national. Il jouit d’une grande expertise dans bien des domaines et a des idées pour permettre à nos autorités de fédérer les énergies et d’avancer dans le bon sens", estime Abdina Karembé.
Si Moussa Mara est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés, il risque une peine de six mois à trois ans d’emprisonnement.
Une peine qui pourrait toutefois être prononcée en délibéré, dans un délai maximal de trois semaines.
La relaxe est aussi envisageable pour l’expert-comptable et ancien Premier ministre.