Mali : Sadio Camara a été tué lors des attaques JNIM/FLA
26 avril 2026
La nouvelle a été confirmée à la télévision nationale ce dimanche (26.04.2026) par le ministre de l'Administration territoriale, le Général de Brigade Issa Ousmane Coulibaly en même temps porte-parole du gouvernement.
Un deuil national de deux jours a été décrété à partir de ce lundi 27 avril. Sadio Camara a été tué avec d'autres membres de sa famille. Un hommage officiel lui sera rendu, annonce le ministre de l'Administration territoriale.
Avant cette confirmation, la journée a été marquée par de nombreuses spéculations sur la mort de ce pilier du pouvoir militaire.
Qui était Sadio Camara ?
Né en 1979 à Kati, Sadio Camara a été formé à l'Ecole militaire interarmes de Koulikoro. Il a occupé plusieurs postes de la hiérarchie militaire et a suivi des formations aux Etats-Unis, en Russie et en Chine. Avant les coups d'Etat, il était commandant du Prytanée militaire de Kati entre 2016 et 2020.
Le Général Sadio Camara a perdu la vie lors de l'assaut contre son domicile ce samedi à Kati. Dans la foulée de cet assaut "kamikaze", une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux montre une partie d'un immeuble complètement réduit en débris et des hommes en uniforme sur le site. Une source proche de la famille indique être sans nouvelles depuis hier, ni du ministre, ni de son entourage immédiat.
Pourtant, dans une communication faite à la tombée de la nuit ce samedi, le ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, le Général de Brigade Issa Ousmane Coulibaly en même temps porte-parole du gouvernement a dressé un bilan plutôt léger de la journée de combats. Il a parlé de "16 blessés dont des civils et des militaires pris en charge par les structures médicales" et de "dégâts matériels limités".
"A l'heure actuelle, la situation est totalement sous contrôle dans l'ensemble des localités" concernées par les attaques, assure le porte-parole. Aucune allusion n'a été faite au sujet de l'intégrité physique du ministre de la Défense, Sadio Camara donné pour mort lors de l'assaut du JNIM contre la cité militaire de Kati.
Incertitudes à Kidal
Le gouvernement malien n'a pas non plus communiqué sur la situation précise à Kidal, bastion des indépendantistes touaregs que Bamako a repris en 2023 avec l'appui de paramilitaires russes du groupe Wagner.
D'après des sources proches des rebelles, ceux-ci auraient repris le contrôle sur une large partie du territoire. Ces sources indiquent aussi que le gouverneur de Kidal, El Hadj Gamou aurait quitté la ville stratégique. Des informations non encore vérifiables de manière indépendante dans le contexte actuel.
Ce dimanche matin (26.04.2026), des sources proches des rebelles que Bamako considère comme des terroristes, indiquent une reprise des combats à Kidal. Ces combats opposent les insurgés touaregs et djihadistes à l'armée appuyée par ses soutiens russes.
Des attaques coordonnées
Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, le JNIM fondé par le djihadiste malien Iyad Ag Ghaly a revendiqué avoir mené des attaques de grande envergure en coordination avec le Front de libération de l'Azawad (FLA), constitué de mouvements indépendantistes touaregs.
Ces attaques démarrées très tôt ce samedi 25 avril ont notamment ciblé des villes garnisons : Kati, Sévaré, Gao, Bamako et Kidal.
Couvre feu à Bamako
Ce samedi, le gouverneur de la ville de Bamako a instauré un couvre-feu nocture allant de 21 heures à 6 heures locales. La mesure est prévue pour durer 72 heures mais le gouverneur, Abdoulaye Coulibaly prévient qu'elle pourrait être prolongée.
Au niveau international, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a condamné "l'extrémisme violent", parlant des attaques revendiquées par les djihadistes du JNIM et les rebelles touaregs. "Le secrétaire général est profondément préoccupé par les informations faisant état d'attaques en plusieurs endroits au Mali", a déclaré le porte-parole du secrétaire général Antonio Guterres, dans un communiqué ce samedi. "Le secrétaire général appelle à un soutien international coordonné pour faire face à la menace évolutive de l'extrémisme violent et du terrorisme au Sahel et pour répondre aux besoins humanitaires urgents", ajoute le communiqué.