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"Un goût d'inachevé", six ans après le putsch au Mali

Mahamadou Kane
18 août 2026

Le coup d'Etat n'a pas permis de régler tous les problèmes quotidiens des Malien.nes. La population espère maintenant le développement économique du pays.

Mali 2026 | Fresque à Bamako qui montre des soldats sur fond de drapeau malien, en soutien aux militaires (illustration)
Des militaires ont renversé le président IBK il y a six ansImage : AFP

Au Mali, il y a six ans, c'était la chute du président Ibrahim Boubacar Keita. Un groupe de jeunes officiers s'emparait du pouvoir par la force, après plus de deux mois de contestation populaire, menée par l'organisation hétérogène, le M5 RFP, le Mouvement du 5 juin Rassemblement des forces patriotiques. Mais six ans après, les problèmes sociaux persistent. Le coût de la vie reste élevé et les coupures d'électricité persistent, même si la situation s'est récemment améliorée.  

Coupures de courant et inflation

Les manifestations du M5 RFP avaient jeté dans les rues de Bamako, durant des semaines, plusieurs dizaines de milliers de personnes. Une foule essentiellement composée de jeunes.

Boubacar était adolescent à cette époque. Il pense que la crise énergétique a été le maillon faible de la transition. « Ce qui m'a beaucoup marqué, ce sont les coupures d'électricité qui perdurent depuis plus de quatre ans, dit-il. Elles nous ont beaucoup affectés et continuent de nous affecter. Mais ça s'améliore ces derniers temps. On espère que cela va continuer et que ça va davantage s'améliorer. »

Sa camarade, Kadiatou, salue pour sa part l'engagement des autorités de la transition afin d'améliorer la situation sécuritaire du pays. Mais pour l'étudiante en licence, la sécurité seule ne suffit pas : « Tout est devenu cher, pourtant les salaires n'ont pas bougé. Ce sont les mêmes salaires, mais les prix des denrées de base ont presque doublé. Du coup, on se prive de beaucoup de choses, qu'on pouvait se permettre avant. Il y a eu certes des efforts sur le plan sécuritaire, mais la sécurité s'accompagne de l'économie forcément. Sinon, on aura l'impression d'avoir un goût inachevé. »

La patience des Malien.ne.s

Pour Djibrilla, éducateur social, les populations ont su faire face aux multiples crises que traverse le pays avec patience. Il s'explique : « Après six ans de transition, ce que je retiens, c'est la résilience des populations. Parce qu'en réalité, avec la crise énergétique et la crise du carburant, la population a vraiment fait face à des difficultés. C'est-à-dire la livraison des marchandises, l'approvisionnement du pays en denrées de base. Il y a des prix qui grimpent, que ce soit le riz, l'oignon, l'huile. »

En réponse à la forte demande sociale, les autorités de la transition ont déclaré vouloir miser désormais sur le développement économique à travers des plans d'investissement ciblés, l'utilisation des revenus miniers pour les infrastructures et un soutien direct en faveur de plus d'un million de personnes dans le besoin.

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