Au Mali, le déssaroi des habitants de Souleye
11 septembre 2026
Au Mali, la situation humanitaire demeure critique à Souleye, une dizaine de jours après l'attaque d'un groupe djihadiste dans cette localité du centre du pays. Un raid qui a fait de nombreuses victimes civiles et a occasionné la fuite des habitants vers les localités voisines.
Des corps des victimes auraient été abandonnés sur place. Les proches ne peuvent pas les récupérer en raison du risque d'être à leur tour attaqués par les combattants djihadistes.
Une fuite durant la nuit
Parmi les personnes qui ont fui cette attaque dans la région de Ségou, le 1er et 2 septembre dernier, on trouve beaucoup de femmes et d'enfants.
Cet assaut contre des civils aurait été conduit par des centaines de combattants lourdement armés. Un habitant de Souleye, qui a préféré garder l'anonymat, pour des raisons de sécurité, décrit ainsi à la DW la manière dont ils ont abandonné leur localité : "Nous avons quitté Souleye la nuit, sous la pluie. Certains sont partis vers Macina, d'autres à Sarro. Nous avons ainsi marché des dizaines de kilomètres dans l'obscurité. Beaucoup d'entre nous se sont égarés. Il nous était impossible d'allumer une torche de peur de se faire remarquer et se faire abattre par les assaillants. C'est dans ces conditions que nous avons quitté Souleye. Ils ont brûlé nos maisons, ainsi que nos biens. Nous avons tout laissé derrière nous. Personne n'a rien apporté avec lui."
Un "cri de cœur"
D'après nos sources, de nombreux villageois ont été exécutés lors de l'attaque terroriste. Les corps de ces derniers sont restés sur les lieux du drame.
Leurs proches n'osent pas aller les récupérer, car les assaillants djihadistes sont toujours présents. Ceux-ci redoutent également que les dépouilles soient piégées.
Pour un autre villageois, qui a pu regagner la ville de Macina, les autorités doivent réagir, afin d'éviter que la situation humanitaire ne s'aggrave davantage.
"Les assaillants sont toujours à Souleye, sans être inquiétés. Il y a toujours des personnes âgées, ainsi que des malades qui sont restés sur place" signale-t-il tout en exhortant "les forces de défense et de sécurité à intervenir afin de les sauver". Il y a aussi, selon toujours cet habitant à côté de cela, "la situation des corps qui n'ont pu être récupérés par leurs proches, qui sont toujours sur place et qui ont besoin d'être enterrés".
Environ dix jours après l'attaque de Souleye, les habitants souhaitent désormais une chose : que l'armée intervienne pour chasser les terroristes ayant investi les lieux. Toute chose qui pourrait favoriser le retour dans leur localité d'origine.