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Manifestation contre la violence policière au Sénégal

23 février 2026

Les étudiants sont de nouveau descendus dans la rue à Dakar pour réclamer justice.

Senegal Dakar 2026 | Des étudiants tiennent une banderole du "Collectif de lutte contre les bavures policières"
La mort d'Abdoulaye Ba a mis le feu aux poudres chez une jeunesse déjà déçue par le Pastef qu'elle avait massivement soutenuImage : DW

Au Sénégal, les étudiants ne décolèrent pas après les violents affrontements qui les ont opposés aux forces de l'ordre à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar. Un étudiant a perdu la vie au cours des manifestations. Les femmes sont particulièrement mobilisées dans cette lutte. Un collectif de lutte contre les bavures policières réclame justice à travers une marche pacifique qui a eu lieu ce week-end à Dakar.

Sénégal : la frustration des étudiants grandit

03:56

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La tension ne retombe pas à Dakar après la mort d'Abdoulaye Ba, jeune étudiant sénégalais qui a succombé à ses blessures lors des affrontements entre étudiants et forces de l'ordre, le 9 février dernier sur le campus de l'université Cheikh Anta Diop. 

Les affrontements ont eu lieu alors que les étudiants manifestaient contre le retard dans le paiement de leurs arriérés de bourses. 

La justice d'abord

Ce samedi, les manifestants ont décidé de réclamer justice pour ceux qu'ils qualifient de martyrs des violences policières. Mame Awa Diouf, militante du parti Pastef au pouvoir, membre du collectif contre les bavures policières, explique les revendications des étudiants: "Nous demandons que justice soit faite, que les responsabilités soient situées, que les auteurs soient sanctionnés pour que plus personne ou un citoyen sénégalais n'ait à perdre la vie lors des manifestations."

La colère des étudiants dépasse les frontières de Dakar a des opérations "université morte" ont été organisées à travers le paysImage : DW

L'un des objectifs du Pastef, poursuit Mame Awa Diouf était de combattre l'impunité et les bavures policières. Elle indique avec regret qu'entre 2021 et 2023, il y a eu plus de 85 morts, tous décédés sous les balles ou les coups des policiers.

"Aujourd'hui, en 2026, sous le magistère du parti Pastef, qu'il y ait un jeune décédé durant des manifestations, on ne peut que rester fidèles à nos principes pour dénoncer toute sorte de bavures policières", poursuit Mame Awa Diouf.

Pape Abdoulaye Touré, lui aussi est membre du collectif contre les bavures policières. Il raconte :  "Moi, j'ai été victime de bavures policières le 21 septembre 2020. Cette manifestation a pour but de dire à nos autorités judiciaires et étatiques que nous ne nous sommes pas découragés. Nous allons continuer le combat jusqu'au bout."

"Pas de justice pas de paix" proclame la pancarte de gaucheImage : DW

Pour la défense des droits humains

Présente à la marche pacifique, Sokhna Racky Diallo, étudiante en Lettres et Sciences Humaines à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar, dit attacher du prix au respect des droits humains.

"Bien sûr qu'il m'arrive de défendre mes droits comme le font beaucoup de mes frères étudiants, affirme-t-elle. Et, pour moi, défendre ses droits est la meilleure façon de se faire entendre. Donc je défends tout le temps et ardemment mes droits."

Début février, une semaine avant les violents affrontements entre les forces de l'ordre et les étudiants à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko avait instruit son ministre de l'intérieur d'élaborer "une nouvelle doctrine de maintien de l'ordre" fondée sur la protection des personnes et des biens afin d'en finir avec l'usage disproportionné de la force.

La colère des étudiants dépasse les frontières de Dakar a des opérations "université morte" ont été organisées à travers le paysImage : DW
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