1. Aller au contenu
  2. Aller au menu principal
  3. Voir les autres sites DW

Au Niger, un accord de paix entre agriculteurs et éleveurs

Mahamadou Saley
10 juin 2026

L'accord concerne l’exploitation de la vallée du Goulbi de Maradi, après plusieurs années d’affrontements meurtriers qui ont endeuillé de nombreuses familles.

Un homme entouré de bétail.
Chaque camp, les éleveurs et les agriculteurs, ont accepté de faire des concessions. (Photo d'illustration)Image : Marco Simoncelli/DW

À Maradi, dans le sud du Niger, la commune rurale de Sarkin Yamma, dans le département de Madarounfa, a servi de cadre, ce mardi 9 juin, à la cérémonie de signature d'un accord de consolidation de la paix et de prévention des conflits entre agriculteurs et éleveurs, en ce qui concerne l'exploitation de la vallée du Goulbi de Maradi. 

La signature de cet accord est l'aboutissement de huit mois de discussions conduites par le Centre pour le dialogue humanitaire. Ces engagements concernent les communautés peule, touarègue et haoussa des communes de Safao, Sarkin Yamma, Tibiri, ainsi que les arrondissements communaux 1, 2 et 3 de Maradi. Ils interviennent après plusieurs années d'affrontements meurtriers qui ont endeuillé de nombreuses familles.

Avant cette cérémonie de signature des accords de paix, la vallée du Goulbi de Maradi a été le théâtre de plusieurs affrontements entre agriculteurs et éleveurs. Des violences qui ont fait plusieurs morts et laissé de nombreuses familles dans le deuil. 

Des années de conflits

Amadou Hardou Marini, chef de la tribu des éleveurs de Sarkin Yamma, affirme avoir lui-même perdu plusieurs membres de sa famille dans ces affrontements.

"À cette époque, il était difficile de décrire ce que nous vivions, tant la situation était éprouvante, explique l'éleveur. J'ai perdu des membres de ma famille et nous avons perdu nos biens. Aujourd'hui, encore, certains se retrouvent sans rien, tandis que d'autres, par crainte, ont préféré fuir. Beaucoup de Peuls ont quitté la zone pour se réfugier vers le sud et, de notre côté, seule une petite partie de la communauté est restée sur place. Dieu merci, nous sommes aujourd'hui engagés sur la voie de la paix. Depuis huit mois déjà, les tensions ont considérablement diminué".

Ecoutez le reportage au Niger...

This browser does not support the audio element.

L'année dernière encore, des corps avaient été repêchés dans le Goulbi après des affrontements entre éleveurs et populations autochtones de l'arrondissement communal 3 de Maradi. 

Saïdou Adamou, chef des agriculteurs de Jigawa, reconnaît que ces violences ont profondément affecté les communautés vivant dans la vallée.

"Nous n'avons jamais enregistré de pertes en vies humaines dans notre communauté, mais il y a eu plusieurs affrontements avec les éleveurs, au cours desquels des flèches ont été utilisées, constate-t-il. Aujourd'hui, Dieu merci, nous espérons que chacun respectera les engagements pris. Et s'il y a des victimes ou des personnes lésées, nous souhaitons qu'elles soient rétablies dans leurs droits. La saison agricole vient de commencer et nous prions pour qu'elle se déroule dans la sérénité, sans affrontements avec les éleveurs, jusqu'à la récolte de nos cultures".

Un long dialogue entre les communautés affectées

La signature de ces accords est l'aboutissement de huit mois de discussions engagées par le Centre pour le dialogue humanitaire entre les différentes communautés concernées. 

Pour le sultan du Katsina, garant de la tradition et l'un des artisans de ce rapprochement, aucune entorse aux engagements pris ne sera désormais tolérée. Selon lui, "ce n'est pas un simple papier que nous venons de signer. Nous ne sommes pas réunis ici pour prononcer des discours et applaudir en vain. Ces engagements doivent être respectés. Toute personne qui les piétinera devra faire face à la rigueur et à la colère de l'administration".

Focus Sahel Plus: les conflits agro-pastoraux

This browser does not support the audio element.

Parmi les engagements souscrits, les agriculteurs ont promis de libérer les couloirs de passage du bétail et d'établir une liste exhaustive des gardiens des jardins de la vallée du Goulbi, souvent accusés d'être impliqués dans les violences. 

De leur côté, les éleveurs ont accepté de détruire les habitations érigées dans les couloirs de passage et les aires de repos des animaux, et de mettre fin à la transhumance nocturne, considérée comme l'une des principales sources de conflits dans la zone. 

Enfin, un comité de 21 personnes, composé d'hommes et de femmes, a été mis en place pour le suivi de ces engagements.

Mahamadou Saley Correspondant DW Maradi
Passer la section A la une

A la une

Passer la section Plus d'article de DW