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50ème anniversaire de la Marche verte au Maroc

6 novembre 2025

Le 6 novembre 1975, à l’appel du roi Hassan II, 350 000 Marocains ont marché pacifiquement vers le sud du pays pour affirmer la souveraineté du Maroc sur le territoire du Sahara occidental.

Le 6 novembre 1975, des dizaines de milliers de Marocains ont défilé sous une forêt de drapeaux, chantant et brandissant le Coran, à la frontière de la colonie espagnole du Sahara
Marche verte du Maroc le 6 novembre 1975 Image : picture alliance/UPI

La Marche verte est un événement historique qui a marqué le début d’un tournant décisif dans le dossier du Sahara occidental. Le 6 novembre 1975, à l’appel du roi Hassan II, 350 000 Marocains, munis uniquement du drapeau national, du Coran et de leur foi, ont marché pacifiquement vers le sud du pays pour affirmer la souveraineté du Maroc sur le territoire du Sahara occidental, alors sous administration espagnole. Depuis 50 ans, le Sahara occidental est au cœur d’un conflit entre plusieurs belligérants : le Maroc et le front Polisario soutenu par l’Algérie. 

L'ancien Roi du Maroc Hassan IIImage : Illegitime Defense

D’un côté, il y a le Maroc, qui revendique la souveraineté sur le territoire et propose un plan d’autonomie sous son contrôle et de l’autre côté le Front Polisario fondé en 1973 (qui s'appelait Mouvement de libération du Sahara qui existait dans les années 1960, sous l'impulsion de Mohammed Bassiri, et dont le soulèvement fut écrasé par les troupes de Franco) et qui bénéficie du soutien diplomatique, politique et militaire de l’Algérie.  Le Front Polisario lutte pour l’indépendance du Sahara occidental et se considère comme le représentant légitime du peuple sahraoui. 

Statut juridique du Sahara occidental

Un demi-siècle de conflit autour du statut juridique de ce territoire. À l'initiative des Américains, chargé de ce dossier au Conseil de sécurité de l'ONU. Elle a  adopté le 31 octobre demandé aux parties de discuter sur la base du plan d'autonomie marocain, estimant qu'il s'agit de la solution "la plus réalisable".

En effet, dès 2007, le Maroc avait proposé un plan accordant une large autonomie au Sahara occidental sous souveraineté marocaine. Ce plan a obtenu le soutien de plusieurs pays dont les Etats Unis, la France, l'Allemagne, l'Espagne et le Royaume-Uni. 

Les explications de Nafissa Amadou

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Ces soutiens s’expliquent notamment par le fait que le Sahara occidental est convoité pour ses ressources naturelles, explique Steven Höfner, directeur du bureau de la Fondation Konrad-Adenauer à Rabat. 

D'après elle, "le Maroc est très conscient de son importance géostratégique dans le nord-ouest de l’Afrique. D’un côté, pour l’Union européenne sur des sujets comme la migration, la sécurité, la coopération économique ; de l’autre, pour les États-Unis dans le cadre des relations transatlantiques. Et aussi pour la Chine, les puissances asiatiques ou les pays du Sud global, en tant que partenaire clé vers l’Europe ou les États-Unis. Concernant les ressources naturelles, comme les accords sur le phosphate avec l’Europe, cela représente un facteur décisif que de nombreux pays prennent en compte pour entretenir de bonnes relations avec le Maroc".

Rôle de l'Algérie

Selon Isabelle Werenfels, politologue spécialisée sur le Maghreb à la Fondation allemande pour la science et la politique, même avec l’adoption par l’ONU du plan d’autonomie marocain, le conflit au Sahara occidental resterait loin d’être réglé sans une reconnaissance internationale du rôle régional et mondial de l’Algérie. 

Abdelmadjid Tebboune dirige la République algérienne démocratique et populaire depuis le 19 décembre 2019Image : Aleksy Witwicki/Sipa/picture alliance

"Les Algériens souhaitent être reconnus comme un acteur important. Or, les succès diplomatiques du Maroc viennent affaiblir cette reconnaissance. La question est donc : comment renforcer l’Algérie pour qu’elle se sente reconnue et soit prête à entrer dans des négociations ? La nouvelle résolution prévoit des tables rondes, et il est essentiel que l’Algérie y participe. Mais elle ne se considère pas comme une partie au conflit… Je pense qu’il sera très difficile d’amener l’Algérie à faire preuve de flexibilité", explique la chercheuse.

Quant au Front Polisario, il continue de réaffirmer sa détermination dans la lutte pour l'indépendance. 

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