Maurice criminalise le viol conjugal
23 juillet 2026
Le viol conjugal est encore un tabou dans nombre de pays d'Afrique. Maurice vient pourtant de le criminaliser. Le viol conjugal y est désormais passible de peines allant de dix à 45 ans d'emprisonnement. La nouvelle loi prévoit aussi que le meurtre ou la tentative de meurtre sur conjoint seront punissables de dix ans à la prison à perpétuité.
Mottee Prisheela, présidente de l'association locale Raise Brave Girls, se félicite de l'adoption de cette nouvelle loi. Pour elle, "le consentement est primordial". Voici son interview :
DW : Quelle est votre appréciation de la nouvelle loi votée par les députés ?
Mottee Prisheela : Le viol conjugal, on ne le reconnaissait pas dans le passé. Maintenant, c'est là. Les associations féministes ont milité pour cette loi-là depuis très longtemps, et on a apprécié que les autorités ont pu voter la loi contre le viol conjugal. Pour Raise Brave Girls, notre position est que le consentement est primordial dans une relation peu importe que vous soyez dans une relation maritale, vous êtes mariés civilement dans une relation religieuse ou si vous êtes en concubinage.
DW : A partir de quel moment un acte sexuel commis par un conjoint devient un viol ?
Mottee Prisheela : C'est important d'avoir le consentement. Dès qu'il n'y a pas de consentement ou l'un des conjoints vous dit non, n'accepte pas, n'est pas à l'aise avec cette relation-là, et que la personne veut vous forcer, il va y a de la manipulation, un usage de la force et cela va devenir un viol. On conseille aux personnes, dès qu'il n'y a pas de consentement, d'aller voir les autorités concernées pour lancer une enquête de la police.
DW : Pensez-vous que cette loi permettra de mettre fin à ces actes ?
Mottee Prisheela : On doit être réaliste. Pour commencer, il y avait un tabou et avec la loi qui vient d'être votée à l'île Maurice, il n'y aura plus de tabou. Les femmes vont aller de l'avant pour s'exprimer et en parallèle, il faudra aussi sensibiliser les femmes, les jeunes filles et toute la population.
DW : Quels sont les principaux obstacles à son application ?
Mottee Prisheela : Malheureusement, on est dans une société patriarcale à l'île Maurice. C'est la première barrière. Il faudra travailler là-dessus. Il faudra venir avec des baromètres pour les femmes, des campagnes d'information pour toute la population. La deuxième barrière, c'est l'approche que les policiers vont avoir. Mais on peut travailler là-dessus à travers des formations. Enfin, il faut un encadrement psychologique pour les victimes.