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Médecins déplacés soignent dans un camp soudanais

26 novembre 2025

Au camp d'Al-Dabbah, des soignants réfugiés du Darfour offrent des soins précaires aux déplacés, malgré la guerre et le manque de ressources.

Médecins sans frontières soignent des patients dans la région de Jonglei
La dernière proposition de trêve, présentée au nom des pays médiateurs (Etats-Unis, Emirats arabes unis, Arabie saoudite et Egypte) a été qualifiée d'"inacceptable" par le général Burhane Image : Sam Mednick/AP Photo/picture alliance

À Al-Dabbah, dans le nord du Soudan, des tentes ont été transformées en cliniques de fortune. Médecins, pharmaciens et infirmiers, eux-mêmes déplacés du Darfour, soignent les civils avec des moyens limités. "Nous venons tous du même endroit", explique Ilham Mohamed, pharmacienne réfugiée d'El-Facher.

Le camp, financé par un homme d'affaires soudanais, s'étend sur 14 hectares près du Nil. Des centaines de familles y vivent dans des tentes équipées de lits ou de simples nattes en plastique. Des cuisines collectives distribuent des repas gratuits, principalement l'assida, plat traditionnel soudanais.

Cinq tentes bleues servent de cliniques : pharmacie, laboratoire, hospitalisation et soins de courte durée. Des ambulances venues d'Al-Dabbah, à 20 km, complètent le dispositif. Les maladies les plus fréquentes sont les infections pulmonaires et intestinales, les diarrhées, ainsi que des affections cutanées et oculaires.

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"Nous faisons tout pour répondre aux besoins médicaux, mais les ressources sont insuffisantes", déplore Ahmed Al-Tijani, volontaire auprès de l'OIM.

Parmi les réfugiés, la docteure Ikhlass Abdallah raconte les dangers encourus par les soignants sur la route de l'exil. Être identifié comme médecin signifiait "la mort, la captivité ou la rançon". Les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) ciblaient particulièrement les soignants, exigeant des rançons plus élevées.

Selon l'OMS, plus de 1.200 soignants ont été tués dans 285 attaques contre des établissements médicaux depuis avril 2023.

Témoignages de l'horreur

Au cours des deux dernières années, les parties belligérantes au Soudan ont violé tous les accords de cessez-le-feu, entraînant l'échec des efforts de négociationImage : MOHANED BELAL/AFP

La Dr Abdallah se souvient des attaques répétées contre la maternité de l'hôpital saoudien à El-Facher, dernier établissement fonctionnel de la ville. Une nuit, un drone a frappé l'hôpital : "Nous avons accouru, mais il n'y avait plus personne à secourir". L'OMS a dénoncé quatre attaques en un mois, faisant plus de 460 victimes parmi patients et soignants.

La guerre, qui a causé des dizaines de milliers de morts et déraciné des millions de civils, a entraîné l'effondrement du système de santé. Tom Fletcher, responsable humanitaire de l'ONU, a récemment souligné "l'ampleur énorme des besoins", appelant à reconstruire un système médical solide, en plus des besoins vitaux en logement, nourriture et éducation.

Nouvelles offensives malgré une trêve annoncée

Le 25 novembre, l'armée soudanaise a affirmé avoir repoussé une attaque des FSR dans la ville stratégique de Babanusa, au Kordofan. Cette offensive survient au lendemain de l'annonce par les paramilitaires d'une trêve humanitaire de trois mois, jugée par le gouvernement comme une "manœuvre politique".

Malgré les initiatives internationales, notamment l'implication du président américain Donald Trump et de médiateurs régionaux, aucun accord de cessez-le-feu n'a été respecté. Les violences se poursuivent, aggravant la crise humanitaire.

(Avec Agences)

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