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"Un monde où seule la puissance compte est dangereux"

Marco Wolter | Avec agences
22 janvier 2026

Au Forum économique mondial de Davos, le chancelier allemand Friedrich Merz a dénoncé les rapports de force imposés par les Etats-Unis.

Friedrich Merz s'exprime au Forum de Davos.
La reculade de Trump sur le Groenland a soulagé les Européens, qui appellent toutefois à la prudence.Image : Gian Ehrenzeller/KEYSTONE/picture alliance

Donald Trump s'est largement emparé du Forum économique mondial de Davos, avec son discours très suivi, mercredi (22.01), puis ce jeudi avec le lancement officiel de son très décrié Conseil de la paix, un club présidé par le chef de l'Etat américain et qui réunit des pays prêts à payer un milliard de dollars pour disposer d'un siège permanent. 

Dans ce sommet dominé par l'agenda des États-Unis, les autres leaders, notamment européens, tentent de trouver une parade et de calmer les ardeurs du président américain. 

Le Danemark a déployé des soldats supplémentaires au Groenland.Image : Danish Defence Command/UPI Photo/picture alliance

"Un monde où seule la puissance compte est dangereux", a assené Friedrich Merz à Davos, tout comme l'avait fait, mardi, le président français Emmanuel Macron, préférant "l'état de droit" et le "respect" à "brutalité".

Sans le citer, c'est évidemment Donald Trump qui est visé, dont l'influent conseiller Stephen Miller, présent en Suisse, expliquait, il y a deux semaines, que le monde doit être gouverné "par la force", ce qui justifierait notamment les ambitions américaines d'annexer le Groenland. 

La stratégie "clairvoyante" de la Chine

La position dominante des États-Unis sur la scène mondiale est remise en question, et Washington réagit en remodelant radicalement sa politique étrangère et de sécurité, a dit Friedrich Merz. Pour lui, la stratégie de la Chine, le grand rival de Washington, est au contraire "clairvoyante" et lui a permis de "se frayer un chemin dans les rangs des grandes puissances".

Pour le chef du gouvernement allemand, "nous sommes entrés dans une ère de 'politique des grandes puissances'. L'ordre international des trois dernières décennies, fondé sur le droit international, a toujours été imparfait. Aujourd'hui, ses fondements mêmes sont ébranlés".  

 

Selon Friedrich Merz, l'invasion de l'Ukraine par la Russie est l'"expression la plus radicale" à ce jour d'une "nouvelle ère" en matière de politique internationale. Il a une nouvelle fois insisté sur l'importance vitale de l'Otan et a salué la reculade de Donald Trump, hier, sur le Groenland, puisqu'il a promis de ne pas avoir recours à la force.

Lancement du Conseil de paix

Enfin, fait majeur de ce jeudi : la cérémonie de signature de la charte fondatrice d'un "Conseil de paix" (Board of peace) contrôlé par les Etats-Unis et qui se place en concurrence avec les Nations unies.  

Parmi les signataires de la charte du Conseil de paix se trouvent les dirigeants de la Hongrie, de l'Argentine ou encore de la Turquie et d'Israël.Image : Fabrice Coffrini/AFP/Getty Images

Cette instance devait au départ uniquement superviser la reconstruction de Gaza. Mais sa "charte" prévoit un mandat bien plus vaste avec des pouvoirs de décision quasiment sans limites pour Washington. 

Une vingtaine de pays ont déjà signé le document ce jeudi à Davos. La plupart de chancelleries européennes y sont opposées. Vladimir Poutine a reçu une invitation. Le président russe aurait dit oui, selon Donald Trump. Ce qui inquiète particulièrement l'Ukraine.