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Friedrich Merz en équilibriste face à Donald Trump

Marco Wolter | Avec agences
30 avril 2026

Après des critiques ouvertes de Friedrich Merz contre la guerre en Iran, Donald Trump envisage un retrait partiel des troupes américaines en Allemagne.

Donald Trump reçoit le chancelier Friedrich Merz à la Maison Blanche pour des discussions sur l'Iran, le commerce, l'Ukraine et la Chine (03.03.26)
Donald Trump a demandé jeudi à Friedrich Merz de "passer moins de temps à interférer dans les efforts déployés pour éliminer la menace nucléaire iranienne, contribuant à rendre le monde, et l'Allemagne, plus sûrs !"Image : Kay Nietfeld/dpa/picture alliance

Comment interagir avec Donald Trump et répondre à sa politique disruptive et provocatrice ? C'est la question que continuent à se poser nombre de leaders politiques européens. Les uns ont choisi la flatterie permanente, à l'image du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte. D'autres affichent clairement leur rejet de la politique du président américain, comme le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. 

Enfin, il y a celles et ceux qui naviguent entre les deux et jouent les équilibristes pour tenter de sauver ce qui peut l'être de la relation avec les Etats-Unis. C'est le cas du chancelier allemand. 

Friedrich Merz a récemment été critiqué pour avoir, lors de sa dernière visite dans le bureau ovale, écouté passivement et sans réagir la diatribe de Donald Trump contre l'Espagne, un membre de l'Union européenne. 

Au début de la guerre en Iran, le chancelier avait botté en touche sur la légalité internationale des frappes israélo-américaines contre Téhéran. 

Depuis, comme ailleurs dans le monde, les répercussions économiques de ce conflit, dans lequel les Américains semblent naviguer à vue, se font aussi ressentir en Allemagne. Les prévisions de croissance, déjà faibles, ont été encore revues à la baisse et les prix à la pompe atteignent des sommets.  

Friedrich Merz a ainsi, lors d'une visite dans une école, lundi (27.04), affirmé que "les Américains (n'avaient) visiblement aucune stratégie" en Iran et douté de leur capacité à trouver "une porte de sortie stratégique". Dans la même séquence, le dirigeant allemand a estimé qu'''une nation entière est humiliée par les dirigeants iraniens, en particulier ces soi-disant Gardiens de la révolution"

Donald Trump envisage une diminution des troupes américaines en Allemagne 

Après une première réaction, estimant que Friedrich Merz ne "sait pas de quoi il parle”, Donald Trump a affirmé qu'il envisageait une réduction des forces armées américaines stationnées en Allemagne. 

Sans lier directement cette annonce aux sorties du chancelier sur l'Iran, le président américain a affirmé, sur son réseau Truth Social, que "les Etats-Unis étudient et examinent actuellement la possibilité d'une réduction des effectifs militaires en Allemagne, et une décision sera prise très prochainement"

Plus de 36.000 militaires américains étaient stationnés en Allemagne fin 2025, selon les chiffres du Pentagone. 

Friedrich Merz a appelé jeudi à un "partenariat transatlantique fiable" avec les Etats-Unis.Image : Markus Schreiber/AP Photo/picture alliance

À la suite de cette annonce, Marco Rubio, le secrétaire d'Etat américain, s'est entretenu au téléphone avec le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul. Les deux diplomates auraient parlé de l'Iran et de l'importance d'obtenir la réouverture du détroit d'Ormuz.  

De son côté, Friedrich Merz a également cherché à arrondir les angles, affirmant que ses relations avec Donald Trump restaient "bonnes et inchangées". 

Cela n'a pas empêché Donald Trump de renouveler ses critiques ce jeudi. "Le chancelier allemand devrait consacrer plus de temps à mettre fin à la guerre entre la Russie et l'Ukraine (où il s'est montré totalement inefficace !), et à redresser son pays en ruine, notamment en matière d'immigration et d'énergie", a déclaré Donald Trump sur son réseau social Truth Social. 

Donald Trump en croisade contre l'Otan  

Au-delà du cas de l'Allemagne, cette annonce de Donald Trump répond également aux critiques du dirigeant américain contre l'Otan. Déjà, lors de son premier mandat, le milliardaire n'a eu de cesse de dénoncer une organisation qualifiée d'”obsolète”. Selon lui, les autres membres profiteraient de la générosité et de la protection des Etats-Unis, tout en ne dépensant pas suffisamment pour leur propre défense. 

Cette défiance a été accentuée par la guerre au Moyen-Orient. Donald Trump reproche aux pays de l'Otan de ne pas le soutenir dans son offensive et de ne pas participer militairement au déblocage du détroit d'Ormuz. 

La semaine dernière, un article indiquait que les Etats-Unis envisageaient de suspendre l'Espagne de l'Otan et qu'ils pourraient revoir leur position concernant les îles Malouines, en réponse au manque de soutien britannique à la guerre menée contre l'Iran.

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