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Un émissaire du président mauritanien en visite dans l’AES

16 juin 2026

Le ministre mauritanien de la Défense effectue une tournée auprès d'ex-pays membres de l'ex-G5 Sahel dont le Mali, en pleines tensions entre Nouakchott et Bamako.

Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani écoute à l'issue de la première table ronde du "One Planet Summit" consacré à la biodiversité, organisé dans le cadre de la Journée mondiale de la nature le 11 janvier 2021 au palais de l'Élysée, à Paris
En France, il y a deux mois, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani avait indiqué que la question sécuritaire au Sahel demeurait une priorité majeureImage : AFP

Le ministre mauritanien de la Défense, Hanana Ould Sidi, a été reçu mardi (16.06.26) à N’Djamena, par le président tchadien, Mahamat Idriss Deby Itno. Selon la présidence tchadienne, le général Hanana Ould Sidi est venu solliciter le soutien du Tchad à la candidature de la Mauritanie au poste de secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique.

Cette visite s’inscrit dans une tournée sous-régionale qui le conduit dans quatre pays, anciens membres de l'ex-G5 Sahel. Nouakchott plaide pour un renforcement de la coopération entre ces capitales, à defaut d’un retour au G5-Sahel.

Cette tournée intervient dans un contexte de tensions entre la Mauritanie et le Mali. Et ce n’est donc pas un hasard si la première étape de cette tournée du ministre mauritanien de la Défense a été consacré lundi (15.06.26) au voisin malien. Les deux pays partagent 2.200 kilomètres de frontières et ont des relations quelque peu tendues depuis des mois.

Hanana Ould Sidi dit avoir transmis à Assimi Goïta les salutations de son frère, le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Il a aussi rappelé "la profondeur des relations d'amitié, de fraternité et de solidarité" entre les deux pays.

"La Mauritanie a gardé le lien avec l’ensemble des pays concernés" (Kag Sanoussi)

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Incidents aux frontières

Un discours qui ne fait toutefois pas perdre de vue les incidents fréquents aux frontières entre les deux pays. Les soutiens des militaires au pouvoir au Mali accusent la Mauritanie d’être une base arrière des groupes djihadistes. Des manifestations hostiles visant la Mauritanie ont également eu lieu récemment à Bamako, poussant Nouakchott à réagir officiellement. Les tensions entre les deux pays se sont aussi déplacées sur les réseaux sociaux.

Ahmed Ould Abdallah, président du Centre 4S (Centre des stratégies pour la sécurité du Sahel Sahara) appelle sur la DW à mettre fin aux tensions.  

"Je pense que le gouvernement actuel mauritanien et le président, et le ministre de la Défense porteur de ce message, ont toujours été pour le bon voisinage, en particulier avec le Mali en crise. Donc, il faut dépasser cette crise et je pense que c'est le vœu du président et du ministre de la Défense qui est lui-même de la région." 

Le président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, militaire de formation, fait de la sécurité au Sahel une priorité majeure face aux risques d’aggravation de la crise. A N’Djamena ce mardi, son ministre de la Défense a jugé nécessaire de poursuivre la coordination et la concertation au service de la sécurité et de la stabilité.

Les dirigeants des pays de l’AES ont mis en place une force unifiée pour lutter contre le terrorisme Image : Mahamadou Hamidou/REUTERS

Un renouveau du G5 Sahel ?

Il est prévu que Hanana Ould Sidi se rende au Burkina et au Niger, deux autres pays ex-membres de l'ex-G5 Sahel. Le chercheur Ahmed Ould Abdallah espère un renouveau de cette alliance dont le siège est à Nouakchott, un G5 Sahel qui dit-il, n’est pas une idée française mais tchadienne.  

Pour Kag Sanoussi, président de l'Institut international de gestion des conflits, la visite dans les ex-pays membres de l’ex-G5 Sahel constitue le lancement d’une stratégie de reconnexion stratégique avec ces pays : "Il me semble que cette visite est bien arrivée pour cette reconnexion, pour que les irritants puissent être mis de côté et que sur la dimension stratégique, les acteurs puissent parler parce qu'ils ont le même ennemi qui est le terrorisme et un enjeu de développement qui concerne tous les pays."  

Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont quitté le G5 Sahel entre 2022 et 2023 pour créer l’Alliance des Etats du Sahel. La Mauritanie et le Tchad ont ensuite pris acte de la dissolution de cette organisation, qui d’après l’institut d’études de sécurité était affaiblie par un manque de financement, une forte dépendance extérieure et des capacités limitées en renseignement et en moyens aériens.

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