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En RDC, la Monusco peine encore à convaincre la population

Pascal Mapenzi
19 décembre 2025

La Monusco souhaite rouvrir sa base fermée en décembre 2023 dans le territoire de Lubero mais fait face à une population circonspecte.

Un pick-up de la Monusco en patrouille.
L'efficacité de la Monusco est largement questionnée par les populations dans l'est de la RDC.Image : Jospin Mwisha/AFP

En République Démocratique du Congo, dans le territoire de Lubero, dans le Nord-Kivu, la population s'oppose au déploiement des forces de la mission de l'Onu. La Monusco souhaite rouvrir sa base fermée en décembre 2023 dans cette région de l'est de la RDC.

Les casques bleus devraient apporter un appui logistique aux forces conjointes des armées ougandaise et congolaise, engagées depuis 2021 dans la traque des rebelles des Forces démocratiques alliées - les ADF – qui sont actifs dans les provinces du Nord-Kivu et de l'Ituri. Mais cette fois, la Monusco n'est pas la bienvenue. La population met en avant "son bilan mitigé" dans l'éradication des groupes armés dans l'est du pays.

"Nous n'avons pas besoin des forces onusiennes dans la traque des ADF. Si nos forces loyalistes avec les UPDF se mettent au travail, elles pourront mettre un terme à ce phénome ADF", explique Germain Tito, qui habite Mangurejipa. Il vient d'apprendre la nouvelle d'un prochain déploiement des casques bleus dans sa localité. Ce déploiement est annoncé par la société civile à travers des messages, diffusés dans des radios locales.

La Monusco jugée par certains incapable de mettre fin aux violences

Comme Germain Tito, de nombreux autres habitants de la région ne sont pas convaincus du bien fondé du déploiement des soldats de l'Onu.

L'un explique que "les ADF sont encore actifs dans des zones où se trouve la Monusco. On leur demande d'en finir d'abord là où ils sont, de combattre le M23 avant de vouloir s'engager sur un autre front". Pour cet autre habitant, 'ce n'est pas la Monusco qui finira cette guerre, on nous tue chaque jour, nous sommes comme abandonnés, mais ce n'est pas à elle d'en finir'.

Pourtant, il y a une semaine, des délégués de la société civile et des leaders locaux de Lubero ont discuté à Beni avec les autorités congolaises et des représentants de la Monusco des modalités d'envoi de cette force dans les localités ayant subi les dernières attaques des ADF.

Ecoutez le reportage dans l'est de la RDC...

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Tafuteni Muhindo, président de la société civile de Lubero était présent, sa structure a été chargée de sensibiliser les habitants pour qu'ils adhèrent à cette mission. Il connaît l'hostilité de ses concitoyens.

Selon lui, "les FARDC sont en train de présenter une insuffisance sur le plan logistique dans la traque des ADF dans cette zone, surtout que la route n'est pas facile à pratiquer. Donc, la Monusco, avec ses hélicoptères, pourrait jouer un rôle. On pourrait encore renforcer la communication et le renseignement au niveau local".

La Monusco "ne veut pas de passage en force"

Pour sa part, la Monusco affirme qu'elle est prête à rouvrir sa base militaire à Lubero avant la fin de cette année. Pour Jean-Tobie Okala, porte-parole de la Monusco dans la région "les autorités militaires et de l'administration civile ont demandé à la Monusco d'y retourner, mais la Monusco ne veut pas de passage en force. Ce n'est pas toute la population qui s'oppose au déploiement de la Monusco, c'est vraiment le fait de la désinformation, il n'y a rien d'autre que cela. La Monusco ne va là-bas et n'ira là-bas que pour aller protéger les civils au côté des forces déjà en présence pour combattre les ADF".

Pour rappel, c'est à décembre 2023 que la Monusco a fermé sa base à Lubero dans la province du Nord-Kivu où elle était engagée depuis 2002 dans l'éradication des groupes armés. Mais des dizaines des groupes armés sont toujours actifs dans la région de Beni et Lubero. Les populations locales jugent cette force de l'Onu "inefficace".