MSF annonce son retrait progressif d’Ansongo au Mali
29 septembre 2026
L’ONG est présente dans cette ville du nord du Mali depuis le début de la crise sécuritaire dans le pays, en 2012.
A Ansongo, Médecins sans frontières intervient dans la lutte contre la malnutrition et le paludisme, contre les affections chroniques, mais aussi pour délivrer des soins d’urgence et des soins chirurgicaux.
L’ONG humanitaire, qui fait également la prise en charge pédiatrique en faveur des nourrissons, des enfants et des adolescents, a annoncé, le 24 septembre, son retrait progressif de la ville d’Ansongo.
Pour Amadou Alpha Maiga, président du conseil local de la société civile d’Ansongo, les populations ont été surprises par cette décision. "Nous sommes d’accord avec MSF, ils ne vont pas s’éterniser ici. Il y a des besoins partout. On comprend. Mais nous avons juste estimé que la crise, la dégradation de la situation sécuritaire qui les a poussés à venir ici n’a pas été malheureusement résolue. Elle s’est même aggravée. Ces besoins sont toujours aussi d’actualité. Ils n’ont pas été résolus, bien au contraire."
Un retrait et des conséquences à l'horizon
Grâce à Médecins sans frontières, 160 emplois ont été créés pour l’assainissement des centres de santé d’Ansongo. Trois repas sont aussi offerts par jour aux patients, ainsi qu’aux accompagnants, et la morgue de l’hôpital d’Ansongo a été dotée de linceuls et de sacs mortuaires.
Les actions de MSF au profit des populations d’Ansongo ne s’arrêtent pas là, selon Amadou Alpha Maiga. "Ils ont amené des médecins spécialisés au niveau du bloc opératoire. S’ils devaient fermer, cela voudrait dire que ces spécialistes-là vont partir. Il y a aussi les conditions d’électricité permanente qu’ils ont créées dans le bloc. Imaginez-vous si ce bloc devait rester dans le noir. Chaque fois qu’il y a des accidents ou des blessés par balle, ils ont des moyens pour évacuer d’urgence ces personnes vers Gao. C’est tout cela qui va s’arrêter.
MSF justifie ce retrait progressif par la diminution du volume d’urgence pour les déplacés internes. Selon l’ONG médicale et humanitaire, ce départ, qui sera définitif en 2027, s’inscrit dans le cadre d’une transition planifiée visant à passer le relais aux acteurs locaux.