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MusiqueMalawi

La tradition musicale africaine réinventée par la jeunesse

04:46

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3 juillet 2026

Du Malawi au Kenya en passant par l'île Maurice, une nouvelle génération d'artistes réinvente la musique traditionnelle.

Une nouvelle génération d’artistes réinventent la musique traditionnelle en la mêlant à des influences contemporaines. 

Au Malawi, Patrick Chimbewa, ethnomusicologue et luthier, s’engage activement dans la préservation du patrimoine musical. Pour lui, transmettre les savoirs aux jeunes est essentiel pour maintenir la tradition vivante. Il fabrique lui-même des instruments traditionnels, qu’il considère comme des gardiens de l’histoire des ancêtres.

Convaincu que ces instruments peuvent s’intégrer à des styles modernes, à condition de respecter les mêmes gammes, il conçoit un instrument hybride combinant le badza et la sanza. Cette innovation produit des sonorités surprenantes qui brouillent les frontières entre tradition et modernité. À travers ses créations, notamment présentées lors de festivals comme le Lake of Stars, il démontre que la musique traditionnelle peut évoluer sans perdre son essence.

Parler à la génération Z

À l’île Maurice, La Nikita incarne cette même volonté de transmission, mais à travers le séga, un genre musical profondément ancré dans l’histoire du pays. Né dans le contexte de l’esclavage, le séga est à la fois une musique de résistance et d’expression des émotions collectives. Pour la chanteuse, il représente l’identité et l’unité du peuple mauricien. Elle cherche à le faire vivre auprès de la jeunesse en le modernisant : elle y intègre des influences électro, jazz, afrobeats et même shatta.

En mêlant instruments traditionnels comme la ravanne ou la maravanne à des sonorités actuelles, elle rend le séga accessible à la génération Z tout en préservant sa dimension symbolique. Elle voit dans cette musique un puissant vecteur de rassemblement, capable de dépasser les différences culturelles.

Des instruments réservés aux hommes

Au Kenya, Labdi Ommes s’inscrit dans une démarche à la fois artistique et engagée. Elle joue de l’orutu, un instrument traditionnel historiquement réservé aux hommes. En choisissant de s’en emparer, elle défie les normes sociales et fait face à des critiques, allant parfois jusqu’à être insultée en concert.

Malgré cela, elle poursuit son travail, convaincue de l’importance culturelle de ces instruments, qui ont toujours eu une fonction sociale forte. Pour elle, l’orutu est un moyen d’expression personnel et une voix qui lui permet d’affirmer son identité. Elle souhaite inspirer les jeunes, en particulier les filles, à s’approprier ces instruments pour éviter la disparition de cet héritage.

À travers ces trois exemples, le reportage souligne une idée centrale : la tradition n’est pas figée. Elle se transforme, s’enrichit et survit grâce à ceux qui osent la réinventer, que ce soit en innovant techniquement, en modernisant les styles ou en brisant les barrières sociales.

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