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Des pistes pour comprendre l'attaque de l'aéroport de Niamey

29 janvier 2026

Retour sur les circonstances de l'attaque surprise aux environs de l'aéroport international situé en périphérie de Niamey.

Le président Abdourahamane Tiani, chef des militaires au pouvoir au Niger
"Nous félicitons l'ensemble des forces de défense et de sécurité (...) ainsi que les partenaires russes qui ont défendu avec professionnalisme leur secteur de sécurité", a affirmé le chef de la junte, le général Abdourahamane TianiImage : Gazali Abdou/DW

Au Niger, des assaillants armés ont attaqué, la nuit dernière, l'aéroport international Diori Hamani, à Niamey. Ce site abrite aussi une base de l'armée de l'air nigérienne et le QG de la Force unifiée créée par le Niger, le Burkina Faso et le Mali, dans le cadre de la lutte contre le djihadisme.

Plusieurs sources ont déclaré à la DW avoir entendu des détonations aux environs de minuit, heure locale. La situation est revenue à la normale, toujours selon ces sources, après cette attaque surprise qui a visé les environs de l'aéroport international, situé en périphérie de Niamey. 

Un mode opératoire qui rappelle celui du JNIM

L'aéroport est un site stratégique qui abrite une base de l'armée de l'air nigérienne, où sont stationnés des drones, et le quartier général de la Force unifiée créée par le Niger, le Burkina Faso et le Mali.

L'interview de Seidik Abba

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Par ailleurs, une importante cargaison d'uranium, dont le Niger est producteur, est actuellement entreposée au sein de l'aéroport, dans l'attente d'être exportée.Selon des témoins, les assaillants, lourdement armés, étaient à motos. Pour l'heure, l'attaque n'a pas été revendiquée. 

Mais d'après Seidik Abba, journaliste, chercheur associé et président du Centre international d'études et de réflexions sur le Sahel (Cires), le mode opératoire ressemble à celui utilisé par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (Jnim), le 17 septembre 2024. Ce jour-là, le groupe djihadiste avait attaqué l'aéroport de Bamako.

"Le fait de cibler des aéroports et de procéder à des attaques avec un commando de personnes aguerries ressemble visiblement à des opérations du Jnim. Et le fait de pouvoir monter cette attaque prouve une capacité opérationnelle importante" explique Seidik Abba qui rappelle que "les bases arrière du Jnim se trouvent à des centaines de kilomètres d'où l'attaque a pu se produire".

Des failles sécuritaires

Le Jnim opère généralement en rivalité avec l'État islamique au Grand Sahara, notamment dans le Nord-ouest du pays, vers la frontière avec le Burkina Faso et le Bénin. L'attaque d'hier révèle, selon Seidik Abba, des failles sécuritaires.

Certains s'interrogent au sujet du dispositif sécuritaire du Niger.Image : Gazali/DW

Pour lui "cela traduit le défaut d'anticipation qu'il y a eu". Il estime par ailleurs qu'il "semble que depuis un certain temps, la rumeur d'une probable attaque d'une opération comme celle-là a beaucoup circulé, y compris dans les milieux chargés de la sécurité".

Seidik Abba rappelle aussi qu'avant cela, "il y a eu des attaques qui se sont progressivement rapprochées de Niamey et on est très surpris qu'il n'y ait pas eu cette anticipation qui aurait pu permettre de prévenir une attaque de cette envergure".

La semaine dernière, le Jnim avait revendiqué la destruction d'un véhicule de l'armée, à l'aide d'un engin explosif improvisé, à quelques kilomètres seulement à l'est de Niamey.

Aucun bilan de cette attaque de l'aéroport n'a été fourni par les militaires au pouvoir qui n'ont pas encore réagi officiellement.

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