À Gaya, dans l’ouest du Niger, la bouillie de sorgho — localement appelée coco — est bien plus qu’un plat traditionnel de rupture du jeûne. Chaque jour du mois de ramadan, Hadjia Biba en prépare et l’offre aux enfants dispensés de jeûne, mais aussi aux familles qui n’ont pas les moyens d’en acheter. Une routine bienveillante qui rythme le quartier Zongo depuis quinze ans.
Une préparation minutieuse pour un geste généreux
La veille de la distribution, Hadjia Biba délaye et filtre la farine de sorgho pour obtenir un liquide homogène, laissé à reposer toute la nuit. Dès 8 heures du matin, les marmites sont mises sur le feu pour une longue cuisson. Elle y ajoute ensuite les épices qui donnent à la bouillie son parfum caractéristique.
Une fois le coco prêt, les habitants se rassemblent dans la cour de la vendeuse.
Pour assurer la distribution tout au long du mois, elle achète environ dix sacs de sorgho. Un investissement annuel soutenu par une quinzaine de donateurs anonymes.
Un rituel de solidarité apprécié de toute la communauté
Au quartier Zongo, la bouillie de Hadjia Biba est devenue un rendez‑vous incontournable du ramadan.
La tradition a commencé avec un seul bienfaiteur, qui souhaitait accomplir une forme d’aumône. Aujourd’hui, ce sont de nombreux volontaires qui contribuent à pérenniser cette action. Pour Hadjia Biba, la récompense est d’abord spirituelle : « On y gagne un peu financièrement, mais surtout des bénédictions quand on le fait de bon cœur. »
Fatigante mais essentielle, cette distribution quotidienne de coco se poursuit pendant les 29 ou 30 jours du ramadan, portée par le sourire des bénéficiaires.
