Niger : l’AES a-t-elle participé à l’échec de la mutinerie ?
31 août 2026
À ce stade, les informations disponibles indiquent que la mutinerie, survenue ce 29 août à Niamey, a été contenue par les forces nigériennes restées fidèles au général Abdourahamane Tiani, avec le soutien des militaires russes de l’Africa Corps, dont des éléments sont déployés sur la base aérienne 101 de la capitale nigérienne.
Cette base militaire accueille également des soldats de la force unifiée de la Confédération des États du Sahel qui regroupe le Niger, le Mali et le Burkina Faso.
Si l’engagement des paramilitaires de l’Africa Corps aux côtés des forces loyalistes semble avéré, aucun élément public ne permet, pour l’heure, d’affirmer que des troupes maliennes ou burkinabè ont participé directement aux opérations visant à reprendre le contrôle de la situation à Niamey.
Soutien politique affirmé
Le communiqué publié samedi (29 août) par la Confédération des États du Sahel ne fait d’ailleurs état d’aucune intervention militaire de ses membres. L’organisation y exprime son soutien au Niger et condamne ce qu’elle qualifie d’"entreprise de déstabilisation" contre l’un de ses États membres.
Lors des attaques coordonnées du 25 avril 2026, au Mali, les autorités de l'AES avaient fait état, dans leur communiqué, d'opérations aériennes menées par la force unifiée.
Lancée en décembre 2025 avec pour ambition de mutualiser les moyens militaires des trois pays, cette force devait, à terme, compter entre 5 000 et 6 000 soldats et constituer l’un des piliers de la lutte contre les groupes djihadistes, ainsi que contre toute menace visant la souveraineté des États membres.
La mutinerie de Niamey montre donc que l'AES est capable d'afficher une solidarité politique rapide entre ses membres. En revanche, elle ne permet pas encore de démontrer l'efficacité opérationnelle de sa force militaire commune.