Le scénario bien connu des enlèvements de masse au Nigeria
24 novembre 2025
Au Nigeria, vendredi dernier (21.11), 300 élèves ont été enlevés dans une école catholique située dans l'ouest du pays. Une cinquantaine d'entre eux ont réussi à s'échapper et, par ailleurs, 38 fidèles catholiques kidnappés la semaine dernière dans leur église ont tous été secourus par les forces de sécurité.
L'annonce a été faite, dimanche (23.11) par le président nigérian Bola Tinubu. Qu'est-ce qui explique la récurrence de ces enlèvements, souvent contre une rançon ?
Voici l'analyse de Moussa Bobbo, historien, spécialiste des questions de sécurité, défense et stratégie. Le chercheur travaille aussi sur les questions de l’extrémisme violent et les nouvelles menaces dans le bassin du lac Tchad.
Moussa Bobbo : La problématique des enlèvements contre rançon au Nigeria s'inscrit dans le cadre large de la conflictualité dans le bassin du lac Tchad.
De façon générale, et particulièrement pour ce qui est du Nigeria aujourd'hui, c'est un problème qui est devenu endémique du fait que, aujourd'hui, les Etats du bassin du lac Tchad de façon générale, et le Nigeria en particulier, au lieu de s'attaquer aux causes profondes de ces problèmes de sécurité, se limitent juste à résoudre leurs manifestations. Du coup, nous allons rester dans ce sempiternel problème tant que les racines mêmes du problème ne sont pas résolues.
DW : Selon vous, quelles sont les racines du mal ?
LesMoussa Bobbo : C'est vrai, c'est un problème qui n'avait pas été trop médiatisé.
C'est un problème qui date depuis les années 70. Depuis les années 60, dans le bassin du lac Tchad.
De façon générale. Mais, comme je le disais, les racines du problème n'ont toujours pas été résolues. Le problème aujourd'hui s'amplifie et les criminels se professionnalisent davantage.
Vous savez, aujourd'hui, la criminalité liée à la prise d'otage avec demande de rançon est devenue une industrie, donc un fond de commerce.
Parce quenous voyons, il y a des gens aujourd'hui qui sont tapis dans nos grandes villes, qui se font appeler commerçants, mais qui en réalité sont ceux là qui financent les activités de ces preneurs d'otages là.