Au Ghana, penser la justice réparatrice après l'esclavage
19 juin 2026
Des excuses formelles, un fonds consacré aux réparations et une réforme des institutions de gouvernance mondiale : ce sont quelques-unes des demandes formulées par les 80 pays, institutions et organisations de la société civile réunis à Accra, au Ghana, du 17 au 19 juin, pour une conférence sur « les prochaines étapes, en vue d’une justice réparatrice » concernant l’esclavage.
Pour l'historienne franco-camerounaise Olivette Otele, à Accra, il était plus question de justice réparatrice que de réparation, un terme qui suscite une polémique. Voici ce qu'elle a déclaré au micro de Claudia Lacave :
"Les réparations sont demandées par un groupe. La justice réparatrice ne peut se faire que si un dialogue entre la supposée victime et la supposée entité qui a perpétré le crime. Donc c'est vraiment un dialogue et la notion de justice est importante.
Donc il y a une partie légale qui est là : la question des réparations.
Quand on dit réparations, cela comprend tellement d'éléments. Les excuses, par exemple, font partie des réparations, les restitutions d'œuvres d'art font partie des réparations.
Il y a plein de choses qui sont dedans, mais c'est un terme un peu trop générique, tandis qu'il y a aussi une volonté de guérison spirituelle, morale, etc. qui est attachée à la question de la justice réparatrice.
Je sais que la conférence qui a lieu en ce moment au Ghana est plutôt une réponse aussi à la résolution de des Nations Unies.
C'est un vote, mais chaque pays n'était pas obligé de poursuivre la question.
Donc, c'est vraiment le désir de de créer une espèce de modèle économique peut être, mais, mais surtout historique et juridique pour asseoir certaines, certaines notions pour pouvoir porter l'affaire plus loin."