ONU : une Assemblée générale avec de grands absents
24 septembre 2026
Des dizaines de dirigeants du monde entier sont actuellement à New York pour la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies. Ceux-ci se succèdent à la tribune de marbre vert pour des discours successifs. Des hommes d'État comme Donald Trump ou Emmanuel Macron n'ont pas voulu manquer ce rendez-vous.
En revanche, nombre de chefs d'Etat et de gouvernement ont préféré ne pas faire le voyage à New York et ont choisi de se faire représenter. Une tendance qui illustre, selon certains, un manque de considération pour les Nations unies et un recul du multilatéralisme.
Des dirigeants africains qui se sont fait représenter
Les crises sécuritaires qui affectent actuellement le monde, le climat, l'intelligence artificielle… Si les sujets abordés à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies sont multiples, parmi les intervenants, plusieurs chefs d'État et de gouvernement, notamment du continent africain, ont donc préféré ne pas faire le déplacement à New York.
À la tribune, le 22 septembre, la Tanzanie était représentée par le vice-président Deogratius Ndejembi. À la place du roi, le Maroc a pour sa part envoyé Nasser Bourita, le ministre des Affaires étrangères.
Mercredi, c'est la cheffe du gouvernement, Judith Suminwa Tuluka, qui s'exprime en lieu et place du président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi.
Selon certaines sources, cette décision serait liée aux restrictions de voyage imposées par Washington en raison de la situation sanitaire en RDC. Le pays fait actuellement face à une grave épidémie d'Ebola. Mais d'autres sources font remarquer que ce n'est pas la première fois que Félix Tshisekedi se fait représenter et elles assurent que son absence à l'Onu n'est pas liée à la crise sanitaire.
Autre grand absent à l'Onu, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa. L'annulation de sa participation à l'Assemblée générale serait due à des raisons de santé et il s'est fait représenter par le ministre des Affaires étrangères, Ronald Lamola.
Le président du Nigeria, Bola Tinubu, un autre dirigeant influent sur le continent africain, a également fait l'impasse sur l'Assemblée générale de l'Onu cette année. Selon son porte-parole, le pays serait "pleinement et efficacement représenté" par le vice-président, Kashim Shettima. Bola Tinubu serait en vacances depuis fin août.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, lui, est représenté par son Premier ministre, Mostafa Madbouly. Son cabinet n'a fourni aucune explication quant à son absence à New York.
Durant ses premières années au pouvoir, à partir de 2014, al-Sissi assistait régulièrement à l'Assemblée générale de l'Onu. En 2020, l'événement s'est tenu en ligne en raison de la pandémie de Covid-19. L'année suivante, il s'est déroulé sous un format hybride, auquel al-Sissi a participé par un message vidéo préenregistré. Lorsque l'Assemblée générale a repris ses séances en présentiel, les années suivantes, il n'y a plus assisté.
Des absents aussi du côté de l'Europe
Friedrich Merz, le chancelier allemand, souhaiterait être plus présent sur la scène internationale en tant que "chancelier des affaires étrangères". Mais la politique intérieure met à mal ses projets : trois Länder allemands ont organisé des élections régionales ce mois-ci, et en tant que chancelier et chef de la CDU, le parti chrétien-démocrate, il est soumis à une pression sans précédent.
En Saxe-Anhalt et à Berlin, la CDU a été clairement défaite du pouvoir, et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, elle n'entrera pas au parlement régional, une situation inédite dans l'histoire de la République fédérale.
Friedrich Merz doit donc gérer des crises et souhaite apparemment éviter de donner à ses adversaires l'occasion de fomenter une fronde en son absence. C'est donc le ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul, qui le représente.
En Italie, Giorgia Meloni, la Première ministre italienne, est dans une position bien plus stable que Friedrich Merz. Elle a néanmoins déclaré devoir s'occuper des affaires intérieures cette semaine et a dépêché son ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani.
Les choix de Xi Jinping,Vladimir Poutine et Narendra Modi
Une autre absence à l'Onu : celle du président chinois Xi Jinping. Une absence qui laisse place à de nombreuses interprétations. En effet, celui-ci est arrivé à Washington le mercredi 23 septembre, pour une visite d'État, mais il ne se rendra pas à New York.Ce calendrier suggère que le président chinois privilégie la diplomatie des grandes puissances au multilatéralisme des Nations unies.
Tout comme Xi Jinping, le président russe Vladimir Poutine est rarement apparu à la tribune de l'Assemblée générale de l'Onu. Il n'est donc pas surprenant que le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, soit de nouveau appelé à prendre la parole au nom de la Fédération de Russie cette année. Poutine l'a même rendu public par décret. Aucune raison n'a été donnée pour cette nouvelle absence.
Le Premier ministre indien Narendra Modi lui est un invité plutôt rare aux Assemblées générales de l'Onu : sa dernière intervention remonte à 2021 à New York ; depuis, la plus grande démocratie du monde a toujours envoyé son ministre des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar. Selon les médias indiens, Narendra Modi figurait même un temps sur la liste des orateurs potentiels pour cette année. Les raisons de son changement d'avis restent inconnues.