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Ouganda : "Ma famille manque de nourriture ", (Bobi Wine)

23 janvier 2026

Le chef de l'opposition déclare, depuis un lieu tenu secret, que sa famille est assignée à résidence. Il exhorte les Ougandais à utiliser tous les moyens légaux pour contester le régime de Museveni.

Uganda Kampala 2026 | l'opposant Bobi Wine
Le secrétaire général des Nations unies a déclaré qu'il suivait "avec préoccupation la situation post-électorale en Ouganda".Image : Rian Cope/AFP/Getty Images

Le commandant en chef de l'armée, Muhoozi Kainerugaba, fils du président Yoweri Museveni, s'est félicité, vendredi (23.01), de la mort de 30 membres de l'opposition et de l'arrestation de 2 000 de leurs partisans. L'Union européenne, quant à elle, a déploré les violences qui ont émaillé le processus électoral.  

Dans une interview exclusive accordée à la DW, le chef de l'opposition ougandaise et candidat malheureux à la dernière élection présidentielle, Bobi Wine, a déclaré, depuis un lieu tenu secret, qu'il a fui, car sa sécurité et celle de sa famille étaient menacées.

Bobi Wine (de son vrai nom Robert Kyagulanyi) est un ancien chanteur de raggamuffin âgé de 43 ans.Image : Abubaker Lubowa/REUTERS

 

Interview de Bobi Wine

Bobi Wine : Je me suis caché après une descente de l’armée chez moi, menée sur ordre du chef des forces de défense, Muhoozi Kainerugaba, qui n’est autre que le fils de Museveni, celui contre qui je me suis présenté à l’élection de la semaine dernière. Je suis convaincu que nous l’avons battu. Vous savez, avec cette absence totale de respect de la loi, la famille au pouvoir fait ce qu’elle veut. Nous avons appris que les militaires déployés étaient venus dans l'intention de me faire du mal. Et il l’a d’ailleurs confirmé : il me recherchait pour me nuire. Je n'avais donc pas d’autres choix que de me cacher. Car aucune institution en Ouganda ne pouvait assurer ma sécurité. 

La torture contre les opposants en Ouganda

05:32

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DW : Et avez-vous des nouvelles de votre famille ?

Bobi Wine : J’ai eu des nouvelles de ma famille. Évidemment, ils ne sont pas en sécurité.
Ils sont encerclés. Ma femme et mes enfants sont assignés à résidence. Personne n’a le droit de sortir, personne n’a le droit d’entrer. Ils manquent de nourriture. Et les rares provisions qui leur ont été apportées ont été refusées par l’armée sur place. Voilà la situation.

 

DW : Nous avons entendu que vous ne comptez pas contester légalement les résultats. Pourquoi ?

Bobi Wine : Nous n’avons aucune confiance dans les tribunaux en Ouganda. Les tribunaux servent le système, ils servent le régime. Aujourd’hui même, un nouveau président de la Cour suprême a été nommé par Museveni. Il nomme un nouveau chef de la justice pour juger une affaire dans laquelle… il est lui-même mis en cause !
Les tribunaux en Ouganda font partie de la décadence depuis longtemps. Lors de l’élection de 2021, le président de la Cour suprême était ouvertement corrompu. Et même lors des rares occasions où les tribunaux ont demandé des réformes électorales, le régime les a ignorées ou rejetées.
Nous n’avons donc aucun espoir, aucune confiance dans le système judiciaire. Notre confiance va au peuple ougandais. Nous appelons les Ougandais à défier le régime, à mener toutes formes de protestations, y compris la désobéissance civile, tant qu’elles sont non violentes et légales.

Ouganda: Bobi Wine défie Museveni

04:17

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DW : Vous ne pouvez sans doute pas révéler vos plans pour des raisons de sécurité, mais c’est quoi la prochaine étape ?

Bobi Wine : Nous avons été très clairs durant toute la campagne : nous remettons la responsabilité à chaque Ougandais.
Quand je faisais campagne, je disais au peuple de ne pas brandir mon portrait, mais le drapeau national, pour que chacun d’entre nous ait une responsabilité égale dans la libération de ce pays.

 

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