Pénurie alimentaire dans les prisons de l'est de la RDC
25 septembre 2025
L'organisation dénonce la non-prise en charge de ces prisons par l'État congolais depuis janvier 2025. L'ONG rappelle que la période coïncide avec la prise de la ville de Goma par les rebelles du M23. Depuis lors, l'aide alimentaire a été interrompue, alors que ces zones ne sont pas contrôlées par les rebelles.
L'État congolais absent
C'est à travers un communiqué de presse, rendu public fin août 2025, que le Réseau pour les droits de l'Homme a alerté sur l'urgence de cette situation. L'ONG a ainsi révélé que pour se nourrir, les détenus ne peuvent compter désormais que sur leur famille ou sur des personnes de bonne volonté.
Car, selon Muhindo Wasivinywa, du Réseau pour les droits de l'Homme, depuis le début de l'année, les prisons n'ont plus reçu d'aide de l'État congolais.
"Pour les trois prisons, nous avons plus de 3.000 détenus qui sont abandonnés, avec des conséquences néfastes : il y a des décès, des cas de malnutrition, des cas de maladies."
Conséquences désastreuses
Selon le rapport du Réseau pour les droits de l'Homme, entre janvier et août 2025, au moins 28 détenus sont morts à la prison de Kakwangura, à Butembo.
Au cours de la même période, 36 autres détenus sont morts dans la prison de Kangwayi à Beni.
Le Redho condamne les mauvaises conditions carcérales dans ces maisons de correction. Pourtant, s'étonne Muhindo Wasivinywa, les prisons de Beni, de Butembo et de Lubero restent encore sous la gestion des autorités congolaises, les rebelles de l'AFC-M23 n'ayant pas conquis cette zone.
"Ceux qui sont plus victimes, ce sont les détenus qui viennent de loin parce qu'ils n'ont pas de familles dans les lieux où sont implantées ces prisons. Notre souci est que l'État congolais puisse tout faire pour approvisionner ces établissements pénitentiaires."
Surpopulation carcérale
Construites pour abriter environ 250 personnes chacune, les prisons de Beni, de Butembo et de Lubero comptent désormais près de 1.500 détenus, pour chaque établissement, la plupart étant en attente de leur jugement.
Cette surpopulation inquiète les autorités de la province du Nord-Kivu qui siège provisoirement à Beni, après la prise de Goma par le M23, en janvier dernier.
Une source proche du gouvernement provincial a reconnu les conditions difficiles dans lesquelles vivent les détenus dans les prisons du Nord-Kivu. Elle ne sait pas, toutefois, expliquer les raisons du non-approvisionnement de ces prisons en nourriture, depuis la chute de Goma.
Selon cette même source, la situation de ces établissements est identique à celle que traversent les institutions provinciales qui n'ont plus reçu de financements de l'État central depuis plusieurs mois.
La Commission nationale des droits de l'Homme a promis de s'informer sur la situation dans les prisons et d'en faire part au ministre de la Justice.
En attendant, les autorités de la province du Nord-Kivu rêvent de construire une prison moderne, où il y aurait des espaces réservés à des jardins potagers pour l'autodépendance alimentaire des prisonniers.