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La papaye, l'or orange de Côte d'Ivoire

05:22

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Joël Kouam
29 avril 2026

La papaye s’impose comme un nouvel espoir agricole en Côte d’Ivoire. Le pays cherche à diversifier son agriculture. Peu exigeante, à cycle court et adaptée aux climats tropicaux, la papaye coche de nombreuses cases.

Zongo Seni cultive la papaye depuis 2024 sur sa parcelle d'un demi-hectare. 

À l'origine producteur de cacao et d'anacarde, l'agriculteur de 37 ans s’est lancé dans la culture de ce fruit tropical pour compenser la chute drastique des prix de ces denrées agricoles en Côte d'Ivoire.

Comme Seni, de nombreux agriculteurs ivoiriens se tournent vers la culture de la papaye, un fruit qui s’impose désormais dans le secteur agricole.

Moins exigeante que la culture du cacao, de l’hévéa ou du cajou, le champ de papaye produit rapidement, plusieurs fois, avec plusieurs récoltes dans l’année. 

Zongo Seni produit environ 10 tonnes par an de ce fruit tropical qui a changé sa vie et celle de ses proches. 

L'or orange de la Côte d'Ivoire

Du champ au consommateur, la chaîne de valeur de la filière papaye se construit progressivement.

Une nouvelle génération d’entrepreneurs s’est lancée dans la collecte, la distribution, la livraison et l’exportation de ce qu'on appelle désormais "l’or orange". 

C’est le cas de l’entreprise Djoli. Basée à Abidjan, la capitale économique, elle collecte les papayes auprès des producteurs pour les vendre ensuite sur le marché local et les exporter à l'international.

L’objectif de Djoli est aussi de réduire les pertes, particulièrement pour les fruits et légumes qui se détériorent rapidement. Cela permet d’augmenter la marge des producteurs et de stabiliser les prix pour les acheteurs.

Aujourd’hui, la start-up d'agrifoodtech fonctionne comme une plateforme d’approvisionnement : restaurants, maquis et hôtels peuvent commander des produits frais, dont la papaye, et être livrés en 24 heures.

Une filière en pleine essor

La filière papaye n'a pas toujours connu un tel essor : en 2006, une maladie, la virose, a détruit la quasi-totalité de la production. 
Le Centre national de recherche agronomique (CNRA) a alors introduit de nouvelles variétés pour relancer la production. 

Cette politique commence à porter ses fruits : la Côte d'Ivoire a produit 14 500 tonnes de papaye en 2003, les exportations ont rapporté 30 000 dollars. Une reprise qui réjouit les économistes.

Il reste encore toutefois des défis à surmonter pour la filière papaye, comme les coûts logistiques élevés, la pression sur les terres agricoles et une production encore peu mécanisée. Sans compter les règles phytosanitaires strictes nécessaires pour accéder au marché européen.

Malgré ces défis, la papaye ivoirienne incarne une nouvelle vision de l’agriculture africaine : plus innovante, plus inclusive, plus diversifiée et tournée vers l’avenir. Et la tendance mondiale à la hausse de la consommation de fruits exotiques et de produits naturels pourrait offrir de nouvelles opportunités à la filière agricole en Côte d’Ivoire.

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