Léon XIV à Bamenda, dans une région marquée par des conflits
16 avril 2026
Tout commence en 2016 avec des revendications d’enseignants et d’avocats. Mais très vite, la crise bascule. Le mouvement se transforme en conflit armé : d’un côté, des groupes séparatistes ; de l’autre, les forces gouvernementales.
Aujourd’hui, le bilan est lourd : plus de 6.000 civils tués, selon plusieurs organisations internationales, et des centaines de milliers de déplacés.
Malgré des tentatives de dialogue, la violence persiste et l’insécurité reste quotidienne. Favor Joyce, habitante d’Ekona, dans la région du Sud-Ouest témoigne :
"Cela m’affecte. Je ne peux pas faire certaines choses parce que j’ai peur de marcher. Même pendant la journée, je ne peux pas aller à certains endroits, par peur… peur de l’inconnu", affirme-t-elle.
Un message fort de paix et de réconciliation
Dans ce contexte, la visite du pape est hautement symbolique. Il appelle à un cessez-le-feu, à un dialogue inclusif et à la réconciliation. Son discours, prononcé hier à Yaoundé, allait déjà dans ce sens :
"Les tensions et les violences ont causé de profondes souffrances : des vies perdues, des familles déplacées, des enfants privés d’école, des jeunes qui ne voient pas d’avenir. Derrière les statistiques, il y a des visages, des histoires, des espérances brisées", a affimé le souverain pontife.
"Face à des situations aussi dramatiques, j’ai, au début de cette année, invité l’humanité à rejeter la logique de la violence et de la guerre, pour embrasser une paix fondée sur l’amour et la justice."
Dans un conflit qui dure depuis près de dix ans, la visite du pape Léon XIV apporte un message fort de paix et de réconciliation. Mais sur le terrain, les populations attendent surtout des actions concrètes pour mettre fin durablement à l’insécurité et rouvrir la voie au dialogue.