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Mali : verdict attendu sur la dissolution des partis

Mahamadou Kane
24 septembre 2025

Le sort des partis politiques dissous sera peut-être connu la semaine prochaine. En attendant, leurs QG sont désertés, voire à louer.

Mali Bamako City
Image : Thomas Imo/photothek/picture alliance

Au Mali, le sort des partis politiques dissous sera peut-être connu la semaine prochaine. C'est du moins ce qu'a décidé, ce mercredi (24.09.2025), le Tribunal de grande instance de la commune VI du district de Bamako qui a renvoyé le procès en délibéré, au 1er octobre prochain.

Dans la capitale malienne, les sièges des partis dissous sont désormais vides et cette situation impacte également les médias qui peinent à réaliser des débats équilibrés.

Sur les cinq tribunaux saisis par les avocats des partis politiques sur l'inconstitutionnalité de leur dissolution, seuls deux se sont déclarés compétents pour juger l'affaire. Il s'agit du tribunal de la commune I et de celui de la commune VI, où les débats se sont tenus ce matin.

A la justice de trancher

Les partis politiques estiment que, pour des questions de libertés fondamentales et de libertés publiques, c'est le juge qui doit faire valoir ses compétences.

Ce qui fait dire à maître Mamadou Camara, avocat des partis politiques, que l'affaire sera tranchée devant les plus hautes institutions judiciaires du pays. Selon lui, "la question, de toutes les façons, sera transmise à la Cour constitutionnelle. C'est en tout cas ce que l'article 153 du code pénal dit. Justement, c'était pour renforcer nos chances de saisine de la Cour constitutionnelle que nous avons saisi tous les tribunaux de Bamako. Sinon, un seul tribunal suffisait et nous avons eu une décision favorable. Mais c'est par acquis de conscience et par conviction, car nous pensons qu'aucun gouvernement n'a le droit de dissoudre les partis politiques. D'ailleurs, même en temps normal, cela relève de la compétence du législateur, pas du gouvernement".

Ecoutez le reportage à Bamako...

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En attendant de connaître leur sort, les sièges des partis politiques sont fermés, avec parfois un gardien pour sécuriser les lieux. Il n'y a plus de panneaux et aucune affiche des leaders politiques n'est visible dans la ville.

QG "à louer"

Au Parena et à l'ADP Maliba, le silence prédomine dans des bâtiments vides. "A louer" peut ainsi lire à l'entrée du quartier général du parti historique Adema Pasj, dont le siège est en chantier. Le "parti des abeilles" aurait déménagé ailleurs, d'après certaines sources.  

La dissolution des partis n'affecte pas que les acteurs politiques, les médias peinent aussi à équilibrer les plateaux de débat. Selon Sékou Gadjigo, rédacteur en chef du Studio Tamani, "nous avons fait des débats sur la dissolution des partis politiques et nous nous sommes rabattus sur des juristes et des politologues pour faire cette émission. Ce n'est plus évident. Il faut reconnaître que ça ne donne pas des débats de la même qualité que ceux qu'on avait auparavant".

En mai dernier, les acteurs politiques, à travers leurs avocats, ont saisi les tribunaux de grande instance de Bamako, la Cour suprême ainsi que la Cour constitutionnelle, pour contester la dissolution de leurs formations par décret présidentiel.