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Pénurie de carburant à Kinshasa, les prix grimpent

25 mars 2026

À Kinshasa, la pénurie de carburant provoque depuis plusieurs jours, de longues files d’attente devant des stations-services. Pourtant, les autorités assurent qu’il n’y a pas de pénurie.

Dans une station d'essence
Les autorités assurent qu’il n’y a pas de pénurie de carburant et que les stocks restent disponiblesImage : Hajarah Nalwadda/AP Photo/picture alliance

Il est un peu plus de 11 heures à Kinshasa. Devant une station-service du centre-ville, des dizaines de véhicules attendent en file depuis l’aube. Parmi les chauffeurs, Jean-Claude Bonz, chauffeur depuis huit ans. Il est arrivé avant le lever du jour.

"Je suis ici depuis cinq heures du matin pour avoir du carburant. Mais il est déjà onze heures et je n’ai toujours pas pu me servir. Depuis hier, je ne travaille presque pas", estime Jean-Claude Bonz.

Dans plusieurs quartiers de la capitale, la situation a déjà un impact sur les déplacements. Faute de carburant, certains conducteurs restent immobilisés et les prix du transport augmentent.  

Les prix en hausse

Pendant ce temps, des vendeurs informels proposent du carburant au litre au bord de la route, souvent à un prix bien plus élevé : environ 4 000 francs congolais (1.8$) le litre, contre 3 000 francs (1.3$) à la pompe. 

Pour comprendre cette situation, nous avons contacté Staff Kalala, expert en hydrocarbures au cabinet DRC Oil and Gas Engineering. Selon lui, le problème ne vient pas d’un manque de carburant dans les dépôts. 

"Dans le mode d’approvisionnement de Kinshasa, il n’y a pas de dysfonctionnement. Les stocks existent. La carence observée dans certaines stations-services serait plutôt liée à une rétention des stocks par certaines compagnies pétrolières", explique l'expert.

Autrement dit, le carburant est disponible dans les installations de stockage à Kinshasa, mais il n’est pas toujours distribué immédiatement, car les fournisseurs attendent un réajustement des prix. 

"Avec les tensions au Moyen-Orient et les perturbations dans le détroit d’Ormuz, une partie importante de l’offre mondiale de pétrole est affectée. Le prix du baril est ainsi passé d’environ 60 dollars à près de 110 dollars, ce qui entraîne une hausse des prix des produits pétroliers. Or, la République démocratique du Congo importe la quasi-totalité des produits pétroliers consommés sur son territoire, et les prix à la pompe à Kinshasa n’ont pas encore été réajustés en fonction de cette hausse sur le marché international. Les fournisseurs préfèrent donc attendre une révision de la structure des prix, avant d’écouler leurs stocks plutôt que de les vendre à un prix qu’ils jugent trop bas", indique Staff Kalala, expert en hydrocarbures.

Selon Staff Kalala, La RDC s’approvisionne principalement en produits pétroliers raffinés auprès de pays de la région et via des raffineries étrangères, notamment en Angola, en Zambie, en Tanzanie et au Kenya. Ces carburants sont ensuite acheminés vers le pays par voie maritime et terrestre. 

Dans plusieurs quartiers de la capitale, la situation a déjà un impact sur les déplacements.Image : JOHN WESSELS/AFP/Getty Images

Des mesures pour faire face à la situation

Face à ces tensions, le gouvernement congolais a annoncé plusieurs mesures pour accélérer les livraisons, comme le renforcement des avances financières accordées aux sociétés pétrolières, ou des procédures de dédouanement accélérées. 

Le gouvernement assure par ailleurs que les stocks disponibles sont suffisants pour couvrir les besoins du pays et appelle les entreprises du secteur à intensifier les livraisons vers les stations-services. 

Mais pour Staff Kalala, la solution la plus efficace à long terme consiste à renforcer la politique énergétique de la RDC et à développer la capacité de raffinage local. 

À Kinshasa, ce type de tension n’est pas inédit. La capitale congolaise a déjà connu plusieurs épisodes similaires, ces dernières années, notamment en novembre 2023, puis en février 2025, où de longues files d’attente s’étaient également formé devant les stations-services, malgré, là encore, les assurances du gouvernement sur la disponibilité des stocks. 
 

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