Manifestations en France : Emmanuel Macron promet la fermeté
18 octobre 2026
Le président Emmanuel Macron a condamné dimanche soir (18.10.2026) les scènes de pillages en marge de manifestations samedi dans plusieurs villes de France. Dans une allocution télévisée de moins de dix minutes, le chef de l'Etat a dit ressentir de la colère et de la honte. "Les forces de l'ordre ont subi une violence inouïe", a-t-il déploré en indiquant que rien ne justifie les violences et les pillages. Emmanuel Macron a affiché son soutien aux commerçants et artisans et a promis l'aide de l'Etat.
Emmanuel Macron a tenu à faire la distinction entre les rmanifestants contre la vie chère et les pilleurs. S'il a dit comprendre les revendications des manifestants, il a indiqué, au sujet des pillages que les enquêtes seront conduites. Ceux qui ont pillé, vont rembourser, ceux qui ont voulu faire tomber la République, vont répondre, a-t-il promis. "A l'égard des casseurs nous serons intraitables." Le message d'Emmanuel Macron s'est résumé en deux points : entendre la colère et faire respecter l'ordre républicain. "Ceux qui ont détruit, doivent payer, ceux qui ont pillé, doivent rembourser, ceux qui ont cherché à faire tomber la République, auront à en répondre."
"Leurs paroles doivent être entendues"
Emmanuel Macron a dit comprendre la colère des manifestants contre la vie chère. Il a rappelé que cette colère intervient à un moment de hausse des prix du carburant en raison de la guerre dans le Moyen-Orient. Il a ajouté que plusieurs pays sont aussi touchés et a promis des mesures pour que les Français ressentent moins le choc. Au sujet du pouvoir d'achat, il a déclaré : "Je sais que les Français attendent des résultats concrets, nous continuerons à agir." Le chef de l'Etat français a par ailleurs indiqué qu'il comprenait les inquiétudes des lycéens et étudiants. "Leurs paroles doivent être entendues."
L'allocution du président français est survenue alors qu'un millier de personnes s'étaient rassemblées à la Place de la République à Paris. La CRS 8, une unité spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, est déployée dans Paris en France pour le deuxième jour d'affilée, a appris l'agence de presse AFP dimanche (18.10.26) de source proche du dossier, dans un contexte de tensions et de reprise de pillages.
Une unité spéciale déployée
Selon la préfecture de police, cette unité spécialisée s'était "engagée Place de la République", où de vives tensions étaient en cours, avec des affrontements entre plusieurs centaines de personnes et les forces de l'ordre. Des actions de pillage ont également repris dans le secteur, visant notamment un magasin de vêtements, selon des images de télévision. Un millier de manifestants était présents à la Place de la République.
555.000 à 800.000 personnes avaient participé samedi (17.10.26) à des manifestations dans toute la France. Ces manifestations ont dégénéré en émeutes, des groupes violents affrontaient les forces de l'ordre dans plusieurs villes à travers le pays. Le gouvernement a attribué la responsabilité de ces violences à des groupes d'extrême gauche et d'ultra-gauche ainsi qu'à des criminels qui, selon lui, auraient incité aux pillages.
Que réclament les manifestants ?
Les manifestants étaient dans les rues de France pour protester contre la vie chère. La manifestation de samedi est survenue quelques jours après des manifestations de lycéens et lycéennes qui réclamaient l’amélioration de leurs conditions d’études.
Après plusieurs semaines de mobilisation lycéenne, les organisateurs de la journée de samedi ambitionnaient de cimenter une "convergence des luttes" avec les anciens gilets jaunes (2018-2019), sur fond de flambée du prix des carburants.
"Je suis venue pour protester contre la vie chère, pour dire qu'on en a assez de trimer pour des salaires de misère et voir nos loyers augmenter tout le temps", a expliqué à AFP Régine Monfroid, une éducatrice croisée à Strasbourg.
Des interpellations et des casses
La police a procédé à l’interpellation, selon le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, de plus de 2.000 personnes à travers toute la France. Rien qu’à Paris, 855 personnes ont été interpellées samedi, un "chiffre record", a annoncé dimanche la préfecture de police. Plus de 500 personnes sont en garde à vue, dont 171 mineurs, selon le parquet de Paris.
Le ministre de l’Intérieur a indiqué que plus de 600 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers avaient été blessés. Un manifestant est décédé d'une crise cardiaque, a indiqué la police de Paris dans un communiqué, sans donner plus de détails.
Selon la fédération du commerce et de la distribution, au moins 1.500 commerçants ont été touchés directement par les violences. Le président de cette fédération, Alexandre Bompard, évalue à des centaines de millions d’euros les dégâts.
De nombreux magasins pillés
Car en marge des manifestations, de nombreux magasins ont été pillés dans plusieurs villes de France. A Marseille, importante ville du pays, plus de 30.000 pilleurs ont été dénombrés.
Des symboles de la République ont été par ailleurs attaqués : à Marseille (sud), Lille (nord), Angers (ouest) et Bordeaux (sud-ouest), des manifestants ont fait irruption dans des mairies ou des préfectures pour les vandaliser. A Lyon, une antenne de l'office de tourisme a été incendiée. A Limoges (centre-ouest), c'est l'Hôtel de Ville, datant du XIXe siècle, qui a été "en grande partie perdu" dans les flammes. Dans la capitale, "des rues entières ont été méthodiquement ravagées", selon le maire de Paris, Emmanuel Grégoire.
Le président français avait dénoncé la veille les violences. "Nous ferons tous bloc face aux semeurs de chaos, qui ne cherchent qu'à abattre nos institutions."
Samedi soir, le syndicat CGT a appelé "à poursuivre la mobilisation pacifique avec les jeunes" et "à préparer les prochaines étapes" dont "la grande journée intersyndicale de grève et de manifestation interprofessionnelle du 5 novembre".