Présidentielle ivoirienne : la stratégie des candidates
25 septembre 2025
Dans un mois se tiendra l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire. Parmi les cinq candidats au scrutin du 25 octobre prochain se trouve deux femmes : Simone Ehivet Gbagbo et Henriette Lagou Adjoua. Celles-ci travaillent sur leur stratégie avant l'ouverture de la campagne le 10 octobre.
Henriette Lagou Adjoua, présidente du Renouveau pour la paix et la concorde (RPC), et Simone Ehivet Gbagbo, présidente du Mouvement des générations capables (MGC), marquent une petite avancée de la représentation féminine en politique. Elles ont accordé, dans leur programme, la priorité à la réconciliation nationale.
Les chantiers de Simone Gbagbo
''Il y a un chantier que je trouve extrêmement important, c'est celui de la réconciliation. Et quand je dis réconciliation, je ne dis pas seulement reconnaissance, mais je dis également restitution, dédommagement et restauration de la paix'', précise Simone Gbagbo.
La priorité selon elle "c'est de lancer un dialogue. Les Ivoiriens, pour certains, en ont gros sur le cœur. Les gens ont besoin de se parler, de s’exprimer. Il faut aider les Ivoiriens, afin que la Côte d'Ivoire redevienne normale".
Simone Ehivet Gbagbo, ex-première dame de 2000 à 2011, est une figure historique de la politique ivoirienne. Militante syndicaliste et cofondatrice du Front populaire ivoirien, elle a été vice-présidente de l'Assemblée nationale et proche conseillère de son ex-époux, Laurent Gbagbo, pendant qu'il était à la tête de l'Etat.
Surnommée la "Dame de fer", Simone Gbagbo a été condamnée à 20 ans de prison pour son rôle dans la crise postélectorale de 2010-2011, avant d'être amnistiée en 2018.
Elle insiste, dans son programme, sur les préoccupations sociales.
''Nous avons commencé la démocratie. Aujourd'hui encore, le combat pour la démocratie demeure. Nous nous sommes battus pour la décentralisation. Nous allons continuer parce que ce n'est pas achevé" explique Simone Gbagbo qui parle également d'un troisième projet qui lui tient "énormément à cœur". C’est selon elle "tout ce qui est santé, sécurité, mise à la retraite... Nous allons faire en sorte que l'école soit complètement réformée''.
Égalité des genres, la priorité d'Henriette Lagou Adjoua
Henriette Lagou Adjoua a été ministre de la Femme quand Laurent Gbagbo était président. A cette même époque, elle avait fondé le mouvement "Deux millions de filles pour Gbagbo".
Celle-ci se présente pour la deuxième fois à une élection présidentielle. Cette fois, au nom d'une alliance, le Groupement des partenaires politiques pour la paix (GP Paix).
Henriette Lagou Adjoua insiste, pour sa part, sur l'égalité entre les hommes et les femmes.
"Il y a l'autonomisation de la femme. Il y a l'égalité du genre. Vous voyez que les femmes sont reléguées au second plan. Pour l'heure, nous avons la loi sur les 30 % (de quotas aux postes électifs et dans les nominations, ndlr), mais on n'est pas très satisfaite",explique Henriette Lagou Adjoua qui précise que c'est la raison pour laquelle elle veux être candidate. Elle promet par ailleurs que si elle gagne le 25 au soir, "il y aura une mise en œuvre totale pour qu’il y ait l’égalité des genres."
Simone Ehivet Gbagbo et Henriette Lagou Adjoua comptent sur les voix des partisans de Laurent Gbagbo, du PPA-CI, de Pascal Affi N'Guessan, du FPI, et de Tidjane Thiam, du PDCI-RDA, mais aussi sur les déçus du RHDP, le parti du président Alassane Ouattara.
Ces deux femmes entendent pleinement tenir leur rôle dans le jeu démocratique ivoirien. Car sans les femmes, la vie politique ivoirienne ne sera pas une démocratie complète.