1. Aller au contenu
  2. Aller au menu principal
  3. Voir les autres sites DW

Présidentielle afghane, un second tour?

Matthay, Sabrina / Ph.Pognan/ T.I.16 octobre 2009

Quelle est la vraie dimension des fraudes dénoncées lors des élections présidentielles du 20 août dernier en Afghanistan ?

Afghanistan Wahlen Hamid Karsai Wahlplakat
Affiches électorales du président Hamid Karzai pour l'élection du 20 août dernierImage : AP

Y-aura-t-il un second tour de scrutin pour départager le président sortant Hamid Karzai et son principal rival Abdullah Abdullah? Deux mois après le vote, les Afghans attendent toujours la réponse à ces questions. Mais il semble que la majorité d’entre eux ne souhaitent pas retourner aux urnes.

Voter encore une fois? Jamais, beaucoup trop dangereux, estime Khatera, étudiante à l’université de Kaboul: "Non jamais. Parce que la première fois, déjà, nous avons été témoins de choses horribles . Les Taliban ont coupé les doigts ou les mains des gens , leur nez, leurs oreilles. Alors qu’apporterait encore un second tour?" .

Khatera, Fareshta et la plupart de leurs camarades sur le campus sont aussi décus par les fraudes qui ont eu lieu. Malgré cela, elles souhaitent un changement, des progrès comme ce professeur de sciences économiques Zadek:

" L’Afghanistan a besoin d’un changement, d’une nouvelle instqance dirigeante. Dans un premier temps, Karzai a fait du bon travail mais maintenant pour progresser nous avons besoin d’un nouveau président."

Or, selon des résultats préliminaires très contestés de la Commission indépendante électorale (IEC), Hamid Karzaï aurait obtenu près de 55% au premier tour le 20 août, contre un peu moins de 28% à son principal rival, l'ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah. Selon le président sortant Hamid Karzai, malgré quelques irrégularités, le scrutin doit être validé:

Hamid KarzaiImage : Picture-alliance/dpa

"Il y a eu des difficultés lors du scrutin, il y a eu cà et là des fraudes et des irrégularités, mais dans l’ensemble l’élection a été bonne, libre et démocratique."

L’étranger ne doit pas s’immiscer, proclame Karzai qui estime que l'ECC, la commission de contrôle soutenue par les Nations unies serait partiale.

Aleem Siddique, porte-parole des Nations unies à Kaboul :"Avant même qu’il ne débute, nous avons dit que ce processus électoral ne serait pas simple, et au fur et à mesure de sa réalisation il est devenu de plus en plus difficile. La démocratisation, la mise en place de standards électoraux internationaux ne peuvent être mis en place en l’espace de quelque mois ."

La réputation de l'ONU elle-même qui avait garanti des élections libres justes et transparentes a aussi quelque peu souffert, le numéro deux de sa mission a été relevé de sa mission pour avoir accusé son patron de vouloir dissimuler l'ampleur des fraudes. Les observateurs de l'Union européenne eux, avaient fait sensation à la mi-septembre en qualifiant de "suspects" un quart des bulletins de vote, soit 1,5 million, dont 1,1 million auraient profité au président sortant Hamid Karzaï et 300.000 à son rival Abdullah Abdullah.

Abdullah AbdullahImage : DW

Les menaces avant l’élection du 20 août et les violences des talibans dès l’ouverture du vote - attaques à la roquette contre des bureaux de vote, ou amputation des doigts ou des mains marqués d'encre des électeurs - expliquent le faible taux de participation, à 38,7% au niveau national et autour de 5% dans les provinces du sud du pays, notamment le Helmand et Kandahar où les Talibans sont les plus forts.

Passer la section A la une

A la une

Passer la section Plus d'article de DW