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Xénophobie : trois cents Ghanéens quittent l’Afrique du Sud

Avec agences
27 mai 2026

Un premier groupe de ressortissants ghanéens a quitté mercredi l’Afrique du Sud confrontée depuis plusieurs semaines à des manifestations appelant au départ des migrants.

Un homme drapé dans un drapeau ghanéen se tient parmi d'autres Ghanéens alors que le Ghana rapatrie des centaines de ses ressortissants d'Afrique du Sud à la suite d'actes de violence commis contre des migrants originaires d'autres pays d'Afrique subsaharienne (27.05.26)
Le rapatriement de ces Ghanéens avait été reporté en raison de l’augmentation du nombre de personnes concernées par l’évacuation Image : Siphiwe Sibeko/REUTERS

Le premier vol de ressortissants ghanéens évacués d'Afrique du Sud, où sévissent des tensions xénophobes et anti-immigrés, était en route pour Accra mercredi après-midi, a annoncé le ministre ghanéen des Affaires étrangères.  Environ 300 personnes sont attendues sur ce premier vol, qui doit atterrir mercredi après-midi. Au total, quelque 800 Ghanéens devraient quitter volontairement l'Afrique du Sud via des vols de rapatriement affrétés par le gouvernement ghanéen en réponse à une vague de manifestations et de violences visant les étrangers dans la nation arc-en-ciel. 

Le gouvernement ghanéen a promis d'offrir aux personnes évacuées d'Afrique du Sud une aide financière pour leur réintégration, ainsi qu'un soutien psychosocial.

Une vidéo, devenue virale, qui montre l'agression présumée d'Emmanuel Asamoah, un Ghanéen vivant en Afrique du Sud, a récemment suscité l'indignation. Les images ont largement circulé sur les réseaux sociaux au moment des dernières violences xénophobes dans ce pays.

Les autorités sud-africaines ont déclaré ce mercredi que seuls 10 des 300 Ghanéens évacués disposent de papiers en règle pour vivre en Afrique du Sud. D'après Pretoria, la plupart ont dépassé leur durée de séjour. 

D'autres évacuations de Ghanéens sont prévues

Selon un officiel ghanéen présent à l’aéroport de Johannesburg lors de l'évacuation, un prochain vol à destination d’Accra est prévu dimanche. Le Ghana a récemment convoqué l'ambassadeur d'Afrique du Sud à la suite d'informations faisant état d'agressions contre des Ghanéens, avant d'annoncer qu'il allait évacuer ses ressortissants concernés. Certaines des personnes rapatriées avaient été placées en détention au centre de rapatriement de Lindela pour des raisons liées à l'immigration. 

L'Afrique du Sud, l'économie la plus industrialisée du continent, est depuis longtemps une destination pour les travailleurs africains, en situation régulière ou non. Mais avec un taux de chômage supérieur à 30 %, la nation arc-en-ciel connaît de fréquentes poussées de xénophobie et de manifestations anti-migrants.

Certains migrants affirment avoir reçu l’ordre de militants anti-migrants sud-africains de quitter l’Afrique du Sud au plus tard le 30 juin (photo d'illustration)Image : Aaron Ufumeli/dpa/picture alliance

Les récentes tensions ont ravivé des débats délicats à travers l'Afrique sur la xénophobie, les migrations et le fossé entre la rhétorique panafricaine et les réalités auxquelles sont confrontés les migrants africains sur le continent.

Le Ghana pousse de plus en plus pour que cette question reçoive une attention continentale plus large et a exprimé ses préoccupations concernant les violences xénophobes au cours de discussions dans le cadre de l'Union africaine, arguant que ces attaques récurrentes menacent l'intégration africaine et les ambitions de libre circulation dans des ensembles tels que la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).

Les autorités sud-africaines ont condamné les violences à l'encontre des ressortissants étrangers, tout en reconnaissant les préoccupations liées à l'immigration clandestine.

Le Nigeria a également fait part de sa désapprobation face au traitement réservé à certains de ses ressortissants et a indiqué qu'il envisageait lui aussi d'évacuer une partie de ses ressortissants.

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