En RDC, les rebelles quitteraient progressivement Uvira
18 décembre 2025
En République Démocratique du Congo, l'AFC/M23 affirme avoir commencé à retirer ses troupes de la ville d'Uvira, dans la province du Sud-Kivu, depuis mardi soir (16.12). Ce retrait devrait se terminer ce jeudi la rébellion.
A Uvira, les habitants commencent à souffler, comme le raconte Sadiki : "Ils ont commencé leur retrait depuis hier, ils l'ont poursuivi la nuit jusqu'à minuit, le dernier convoi s'est retiré ce matin maintenant la ville est calme, les activités sont en train de se dérouler comme avant.”
Mercredi soir (17.12), des colonnes de l'AFC/M23 ont été vues sur la route nationale N°5. Elles quittaient Kalundu, où se trouvait leur état-major, pour le nord de la ville.
Les conditions posées par les rebelles
Le mouvement avait posé des conditions pour se retirer : démilitarisation de la ville et sécurisation de la population par une force neutre. Mais Sadiki reste sceptique. Pour lui, "par rapport à la sécurité de la ville, je pense qu'envoyer une force neutre qui ne maîtrise pas les coins et recoins de la ville ne garantit rien sur la sécurité de la population d'Uvira."
Aucun habitant d'Uvira que nous avons interrogé ne peut dire exactement où l'AFC/M23 s'est replié. Sur X, le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya évoque le risque de combattants déguisés en civils qui pourraient être restés sur place. Il exige le retrait total des troupes rwandaises, de l'ensemble du territoire congolais.
Acteur de la société civile du territoire voisin de Fizi, Machumbe Etungano Lami voudrait lui aussi que l'AFC/M23 se retire de toutes les zones conquises. "Nous demandons aux M23 un véritable retrait de toutes les entités qu'ils occupent en commençant par la localité de Makobola dans le territoire de Fizi, la ville d'Uvira, Bukavu et Goma … Nous exhortons les deux parties au respect des accords de Washington et de Doha", explique Machumbe Etungano.
Déplacements permanents des populations
La cheffe des opérations du CICR en RDC, Stéphanie Eller, s'inquiète de l'utilisation massive de l'artillerie et de projectiles explosifs dans les zones densément peuplées. Selon elle, "malheureusement pour beaucoup, il s'agit d'un Nième déplacement alors que la population a passé plus de 30 dernières années à fuir constamment les conflits et les violences dans la région. Le CICR est inquiet de la présence des restes des explosifs de guerre et des munitions non explosés dans les zones où les combats se sont déroulés étant donné qu'ils constituent un vrai danger pour les populations civiles surtout maintenant qu'un certain nombre des déplacés essayent de retourner dans leurs villages."
Les violences au Sud-Kivu ont jeté des milliers de familles sur les routes. Des combats se poursuivent encore entre l'AFC/M23 et l'armée congolaise appuyée par les Wazalendo sur plusieurs collines du territoire de Fizi.