Situation humanitaire inquiétante dans l’est de la RDC
13 avril 2026
La malnutrition touche tout le monde, adultes comme enfants à Mweso, dans le territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu.
Pendant que les médecins de la zone s'efforcent à apporter l’aide médicale aux malnutris, le manque de nourriture fait des victimes dans cette localité dans l'est de laRépublique démocratique du Congo.
Dans le camp MONUC de Mweso, Uwamaria Ushindi déplore : "Aujourd’hui, on ne va rien manger. On attend le retour de mon mari. Je ne sais même pas où il est parti."
Uwamaria Ushindi tente de survivre avec ses trois enfants. Deux d’entre eux, souffrent déjà de malnutrition. Le troisième est encore allaité.
Comme elle, des milliers de familles déplacées vivent ici depuis des années, après avoir fui les violences dans leurs villages.
"Vous savez qu’ici, ce n’est pas chez nous. Nous avons fui, laissant nos champs derrière nous. Nous mangeons difficilement. Je crie à l’aide. Qu’on nous donne seulement à manger. Nous souffrons."
La faim, fléau quotidien
A Mweso, la faim est devenue un fléau quotidien. Dans cette zone enclavée, l’accès humanitaire est extrêmement limité, alors que les besoins ne cessent d’augmenter. Avant même la récente détérioration sécuritaire, la région abritait déjà des camps de déplacés vieux de plus de dix ans.
Aujourd’hui, la situation a atteint un point critique. Selon plusieurs sources locales, l’insécurité empêche les populations d’accéder à leurs terres agricoles. Des habitants accusent les rebelles de l’AFC/M23 de détruire des bananeraies qui serviraient de cachettes à des groupes armés opposés, notamment les Nyatura, les APCLS ou encore les FDLR.
Résultat : des familles entières se retrouvent privées de leur principale source de nourriture. C’est ce que nous a dit cet humanitaire qui œuvre dans la zone et qui a requis l’anonymat.
"Beaucoup de choses laissent penser que la situation soit ainsi, notamment le non-accès aux champs. Comme aujourd’hui par exemple, il y a eu la destruction des bananiers alors que certaines familles vivent grâce à ça. Quand le mouvement commence à prendre les bananeraies comme une cachette pour les groupes opposés, ça pose beaucoup de problèmes et ces familles vont migrer vers Mweso. Ici chez nous à l’hôpital, la prise en charge médicale est gratuite. Mais est-ce qu’ils vont trouver à manger facilement alors qu’ils n’ont pas accès aux champs ? C’est une zone très rouge."
Dans les camps de déplacés de Mweso, le retour dans les villages reste donc impossible pour beaucoup. Leurs champs sont occupés ou devenus inaccessibles en raison des combats.